Lors de l'Assemblée mondiale, 300 délégué·e·s du monde entier se sont réuni·e·s à Varsovie du 6 au 8 juillet 2018. © AI
Lors de l'Assemblée mondiale, 300 délégué·e·s du monde entier se sont réuni·e·s à Varsovie du 6 au 8 juillet 2018. © AI

Assemblée mondiale 2018 En pleine transition

31 juillet 2018
300 délégué·e·s des sections nationales d’Amnesty se sont réuni·e·s à Varsovie du 6 au 8 juillet 2018, pour aborder notamment le danger que représente le populisme contre les droits fondamentaux et le droit à l’interruption de grossesse.

Cette Assemblée mondiale a été particulière à plusieurs titres. Tout  d’abord,  parce  qu’il  s’agissait  de  la  toute  première  réunion  internationale  après  la  réforme  de  notre  gouvernance (l’Assemblée mondiale remplace donc l’ancien Conseil international), mais aussi parce que c’était le moment de prendre congé de notre Secrétaire général Salil Shetty et d’accueillir celui qui va lui succéder, Kumi Naidoo. Des délégations réduites pour une réunion à la durée également réduite (3 jours au lieu de 5), qui a donc été particulièrement intense. Par ailleurs, c’était aussi la première fois que nous utilisions le système de vote «une entité, un vote», mais il faut reconnaître que cela n’a pas eu d’influence majeure sur le résultat des décisions prises.

Taille des délégation réduite

La  taille  des  délégations  a  été  divisée  par  deux  en  comparaison  avec  les  réunions  du  Conseil  international.  La délégation suisse était donc composée de 3 représentant·e·s : Pierre-Antoine Schorderet, président de notre Comité exécutif et représentant permanent au sein de l’Assemblée mondiale, Stefanie Rinaldi, vice-présidente, et Manon Schick, directrice de la Section suisse.

La situation des droits humains en Pologne n’était pas le sujet principal de notre  réunion,  mais  ce  thème  a  bien  évidemment  accompagné  nos réflexions stratégiques sur le danger que représentent le populisme et les attaques  contre  nos  droits  fondamentaux.  Kumi  Naidoo  a  rencontré  la présidente  de  la  Cour  suprême  polonaise,  Salil  Shetty  a  pris  la  parole devant des milliers de personnes qui manifestaient en faveur de l’indépendance de la justice en Pologne, et nous avons eu l’occasion d’écouter l’une des  militantes  polonaises  à  la  tête  du  mouvement  en  faveur  du  droit  à l’accès à l’interruption de grossesse.

Droit à l'interruption de grossesse

L’avortement était d’ailleurs l’un des sujets de discussion lors de cette Assemblée mondiale. La politique actuelle d’Amnesty International, adoptée il y a plus de dix ans, est très restrictive et ne correspond pas aux derniers développements en matière de droit international. Elle ne permet donc pas à notre mouvement de nous engager aux côtés des femmes qui se battent pour leurs droits en matière de sexualité et de procéation. Une motion du Bureau exécutif international proposait donc de réviser notre politique, sur la base de principes plus progressistes. Elle a été acceptée à une très large majorité, ce qui permettra de développer d’ici l’année prochaine une nouvelle politique dans ce domaine.

Hommages

Nous avons bien sûr rendu hommage à Gaëtan Mootoo, notre collègue qui nous a quittés il y a un mois, et évoqué à de nombreuses reprises Taner Kiliç, le président honoraire de notre Section turque, qui est toujours détenu. Kumi Naidoo nous l’a rappelé : il est essentiel de poursuivre la mobilisation et d’obtenir rapidement sa libération.