Questions et réponses

Qu’est-ce qu’Amnesty International?

Amnesty International est un mouvement mondial de personnes qui se mobilisent pour la défense des droits humains. Amnesty a la vision d’un monde dans lequel les droits humains sont respectés de manière universelle. Le travail d’Amnesty se fonde sur des recherches conduites avec soin, et sur les conventions internationales et directives relatives aux droits humains. Amnesty est une organisation indépendante des gouvernements, des partis politiques, des intérêts économiques, des idéologies et des religions. Les membres et sympathisant·e·s sont l’élément central d’Amnesty. Ils et elles offrent leur temps, leur énergie et leur soutien financier en solidarité avec les personnes dont les droits sont bafoués. Amnesty compte aujourd’hui plus de 2,7 millions de membres et sympathisant·e·s dans plus de 150 pays. Amnesty ne reçoit que des fonds privés et n’accepte pas d’argent des Etats, afin de préserver sa totale indépendance.

Que fait Amnesty International?

Amnesty International se mobilise dans le monde entier pour le respect des droits humains tels qu’ils ont été définis dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Amnesty défend le principe de l’indivisibilité des droits humains, et le fait que ces derniers doivent être universellement reconnus. Amnesty intervient toujours lorsque les droits humains sont violés – par des gouvernements ou d’autres acteurs, tels que des rebelles, des groupes d’opposition, des personnes privées ou des entreprises. Les causes pour lesquelles s’engage Amnesty:

Pour quelles causes lutte Amnesty International?

Défendre les droits humains dans leur globalité

Les droits humains sont universels et indivisibles: en 2001, Amnesty International a fait de ce principe le fondement de sa mission. Elle initiait ainsi la mutation d'une organisation de défenses des détenu·e·s en une organisation de défense des droits humains, avec un mandat étendu en conséquence. L’activité d’Amnesty recouvre aujourd’hui l’ensemble des droits humains. Mais Amnesty ne peut s’engager avec une égale vigueur en faveur de tous les droits, l’organisation définit régulièrement ses priorités. Actuellement, Amnesty se mobilise avec force en particulier sur les thématiques suivantes:

  • Justice internationale (traduire en justice les responsables de génocides, crimes contre l'humanité, crimes de guerre etc.)

La torture, la peine de mort, l’impunité et les «disparitions» de personnes sont et restent les thèmes cardinaux de l’activité d’Amnesty. La «guerre contre le terrorisme», en vertu de laquelle des personnes sont torturées ou emprisonnées durant des années sans procédure pénale équitable, montre à quel point cet engagement est nécessaire, encore et toujours.

Comment travaille Amnesty International?

Documenter les violations des droits humains

Amnesty International a la réputation d’effectuer des enquêtes approfondies. Elles sont la clé de l’efficacité de son engagement en faveur des droits humains. Le travail d’investigation est effectué par des spécialistes au Secrétariat international de Londres. Quelque 350 expert·e·s du monde entier y récoltent des informations sur les violations des droits humains, examinent leur véracité et documentent les faits. Chaque jour, des milliers de nouvelles sont analysées et comparées avec les rapports provenant du réseau mondial d’information d’Amnesty. L’organisation envoie en outre des spécialistes dans les régions en crise, afin de récolter des faits et d’obtenir des informations de première main auprès de victimes et de militant·e·s des droits humains. Les rapports et les communiqués transmis aux médias sont établis à partir de toutes ces informations et constituent la base des campagnes et des actions d’Amnesty International.

Favoriser la pression de l’opinion publique

Rien n’est plus désagréable pour celles et ceux qui commettent des violations des droits humains que de voir leurs agissements rendus publics. La pression de l’opinion est donc le moyen le plus efficace pour obtenir des résultats. Amnesty International utilise ses rapports et ses informations de manière ciblée et coordonnée afin de produire l’effet maximal. Les sections nationales et les représentations d’Amnesty alertent l’opinion publique dans le monde entier par des campagnes d’information, des actions, des collaborations avec les médias, des manifestations et de la publicité. Amnesty recourt en outre au lobbying politique et intervient directement auprès des gouvernements et des autorités.

Mobiliser les gens

Les membres et sympathisant·e·s d’Amnesty constituent le cœur de l’organisation. Grâce à eux, Amnesty est en mesure de mobiliser 10’000 personnes en un temps record pour mener des actions. Dans le monde entier, des membres et des sympathisant·e·s sont prêt·e·s à agir dès l’appel d’Amnesty. Elles rédigent des Actions urgentes, organisent des manifestations et des actions de rue, des concerts de soutien, font signer des pétitions et bien d’autres choses encore.

Le Secrétariat d’Amnesty soutient ce réseau et gère le flux d’informations. Amnesty peut ainsi mener des campagnes globales de grande envergure tout en se mobilisant avec rapidité pour des actions locales en faveur des droits humains.
En Suisse, Amnesty compte plus de 110'000 membres et sympathisant·e·s et plus de 80 groupes locaux et thématiques.

S'engager avec Amnesty

Organiser le soutien aux victimes

Lorsque des personnes sont emprisonnées arbitrairement ou torturées, lorsqu’elles sont condamnées à mort en raison de leur religion ou sont menacées d’autres violations de leurs droits, Amnesty International fait appel à son réseau des Actions urgentes. Des bénévoles du monde entier envoient en l’espace de quelques heures des milliers de lettres, fax et e-mails aux gouvernements et aux autorités. Cette focalisation est souvent décisive afin de sauver la vie d’une personne emprisonnée. Près de la moitié des Actions urgentes sont couronnées de succès et conduisent à une amélioration de la situation des personnes concernées.

Amnesty s’engage également en faveur de prisonniers et prisonnières politiques. Des envois réguliers de courriers alertent l’opinion publique et leur évitent de tomber dans l’oubli. Lorsque des défenseurs et défenseuses des droits humains et leurs familles sont menacés, Amnesty leur vient en aide, leur apporte protection et soutien financier.

Sensibiliser

Amnesty renseigne les personnes intéressées sur les droits humains et leur indique comment elles peuvent en prendre la défense. Amnesty se rend dans les écoles, propose des cours aux unités de police, participe à des manifestations et à des conférences et fait de la sensibilisation dans le cadre d’évènements culturels. Amnesty insiste en outre auprès des gouvernements pour qu’ils acceptent et respectent les conventions internationales sur les droits humains. Plus les personnes au fait des droits humains et engagées pour leur défense sont nombreuses, plus leur poids sera grand dans le monde entier.

La Section suisse d’Amnesty informe sur les violations des droits humains, propose des articles de fond et renseigne sur les campagnes en cours grâce à ses publications «AMNESTY», un magazine spécialisé destiné aux adultes, et «Agir», un journal qui propose des possibilités d'action.

Le travail d’Amnesty International est-il efficace?

Le travail d’Amnesty porte ses fruits dans le monde entier: des prisonniers et prisonnières d’opinion sont libéré·e·s, des condamnations à mort commuées en peines de prison et des personnes qui pratiquent la torture envoyées devant les tribunaux. Les gouvernements eux-mêmes se laissent convaincre de la nécessité de modifier leurs lois et leurs pratiques. Près de la moitié des Actions urgentes menées en faveur de personnes encourant un grand danger sont couronnées de succès. Quant aux «Lettres contre l’oubli», aux pétitions et aux dossiers à long terme, ils produisent dans de nombreux cas des effets positifs.

Campagnes et actions permettent d’améliorer la situation des droits humains sur les plans légal et social et épaulent les organisations actives sur le terrain: des lois pour une protection accrue des femmes ou instaurant un contrôle du marché des armes voient le jour. On doit à la pression d’Amnesty et d’autres organisations de défense des droits humains l’adoption d’une convention internationale contre la torture en 1987, la création d’un tribunal pénal international en 2002 et, en 2006, la constitution d’un conseil des droits humains sous l’égide de l’ONU.

Parfois une simple marque de solidarité est utile. Elle maintient l’espoir de vivre – une force essentielle pour les personnes qui luttent pour leur survie, pour les familles qui réclament justice et pour les militant·e·s des droits humains qui poursuivent courageusement leur tâche, malgré le danger et l’isolement. Amnesty International est régulièrement avertie que la situation de telle ou telle personne s’est améliorée grâce à la pression exercée sur les gouvernements ou les autorités. Cela montre que les actions menées par les membres et sympathisant·e·s d’Amnesty peuvent faire changer les choses.

Comment puis-je m’engager pour Amnesty International?
  • Devenir membre: en qualité de membre d’Amnesty International vous participez au mouvement mondial pour les droits humains et soutenez l’organisation par une contribution annuelle.
  • S'engager activement: vous pouvez également vous engager activement et participer à un groupe local ou thématique.
  • Faire un don: Amnesty International a besoin de dons pour faire son travail, car l’organisation n’accepte pas de subventions publiques, afin de préserver sa totale indépendance. L’argent récolté finance les enquêtes, les campagnes, le travail auprès de l’opinion et l’aide destinée aux victimes de violations des droits humains.
  • Participer: envoi immédiat de lettres (Actions urgentes), pétitions en ligne, événements: les possibilités de s’engager pour les droits humains sont nombreuses, même sans gros investissement.
Qui finance le travail d’Amnesty International?

Amnesty International est financée exclusivement par des fonds privés et n’accepte pas de subventions publiques, afin de rester totalement indépendante. Par leurs contributions, membres, donateurs et donatrices du monde entier permettent à Amnesty de se mobiliser pour les droits humains. La Section suisse d’Amnesty compte environ 40'000 membres et 120'000 donateurs et donatrices. Amnesty Suisse verse 30% de ses rentrées au Secrétariat international à Londres et aide des sections plus démunies financièrement, en Turquie et en Côte d’Ivoire, par exemple.

D’où proviennent les informations d’Amnesty International?

Des équipes d’enquêteurs et enquêteuses spécialisé·e·s vérifient les renseignements relatifs à des violations des droits humains fournis en permanence à Amnesty et surveillent les nouvelles diffusées par les différents canaux médiatiques. S’ajoutent les informations provenant de détenu·e·s, de réfugié·e·s, d’avocat·e·s, de journalistes, de témoins et d’organisations de défense des droits humains. De surcroît, Amnesty envoie ses propres délégations dans les régions en crise afin d’examiner la situation sur place et de collecter des faits. Toutes ces informations sont réunies et comparées, jusqu’à l’obtention d’une analyse fiable de la situation.

Comment Amnesty s’assure-t-elle que les informations fournies sont exactes?

La plupart des informations que reçoit Amnesty International doivent d’abord être vérifiées et comparées. Avant de publier une nouvelle, Amnesty International vérifie trois fois la véracité de toutes les données selon une procédure détaillée. Amnesty est fidèle au principe: «L’exactitude est préférable à la rapidité». Amnesty International s’assure ainsi en tout temps que ses informations sont indépendantes, impartiales et fiables. Amnesty donne la priorité à la rapidité seulement pour les Actions urgentes. Lorsqu’Amnesty est informée par son réseau mondial que des personnes risquent de voir leur droits gravement violés, elle transmet aussi vite que possible cette nouvelle à ses membres après vérification, afin qu’elles et ils puissent entrer en action. Les informations d’Amnesty relatives aux violations des droits humains sont considérées comme fiables et exactes et sont utilisées comme sources tant par les gouvernements et les autres organisations que par les médias.

Comment a démarré Amnesty International?

L’«Appeal for Amnesty»

En 1961, deux étudiants avaient été jetés en prison au Portugal pour avoir porté un toast à la liberté dans un établissement public. Le Portugal était alors une dictature. Cette nouvelle indigna suffisamment l’avocat britannique Peter Benenson, pour qu’il décide de faire quelque chose. Le 28 mai 1961, le quotidien «The Observer» publiait un appel pour le lancement d’une campagne internationale. Avec son «Appeal for Amnesty», Peter Benenson exhortait les gens à inonder les autorités de lettres de protestation en faveur des «prisonniers oubliés». Cet appel marqua le début d’Amnesty International.

Les premiers succès

En un mois, plus de 1000 personnes s’étaient jointes à l’action de protestation. Six mois plus tard, cette campagne rapide et unique s’était transformée en un mouvement international durable. En un an, la jeune organisation avait déjà envoyé des délégations dans quatre pays et pris en charge 210 prisonniers et prisonnières d’opinion. Dans sept pays des sections locales d’Amnesty avaient recruté leurs propres membres.

Reconnaissance pour le travail réalisé

Indépendance et impartialité sont les qualités fondatrices d’Amnesty International qui garantissent l’efficacité de son action. Si au départ, la libération de prisonniers et prisonnières d’opinion était son objectif principal, l’organisation a rapidement élargi son champ d’activité à la lutte contre la torture, contre les «disparitions» de personnes et la peine de mort. Cela a valu à Amnesty International le Prix Nobel de la Paix en 1977 et le Prix des Droits de l’homme de l’ONU, un an plus tard.