Au sommet, les pieds sur terre

Article paru dans le magazine AMNESTY, n°46, publié par la Section suisse d’Amnesty International, août 2006.
Hanna Roberts est la présidente du Comité exécutif international. Malgré ses responsabilités, la Suédoise a gardé l’âme d’une militante de base.

Hanna Roberts, présidente du Comité exécutif international d'Amnesty. © Fabrice Praz

Elle milite depuis vingt ans au sein d’Amnesty International, et pourtant, elle n’en a que trente-six. A l’époque, elle distribuait des tracts dans la rue ou faisait signer des pétitions. La voilà aujourd’hui présidente du Comité exécutif international de l’organisation. Hanna Roberts se considère d’ailleurs comme «une vieille membre» du comité, car, sur les neuf personnes qui y siègent, c’est elle qui y est depuis le plus longtemps. Cette Suédoise a d’abord fait partie de groupes de jeunes, puis s’est engagée au niveau régional, avant d’entrer au Comité national de sa section. Et, depuis trois ans, au Comité international.

Engagement total

Elle consacre, en tant que bénévole, plus de vingt heures par semaine à Amnesty, à côté de son travail de chercheuse en développement durable à l’Université de Lund, dans le Sud de la Suède. Son rôle n’est pas moindre: avoir une vue d’ensemble sur la totalité des activités d’Amnesty dans le monde. «En fait, mon travail n’est pas du tout sexy. Je m’arrange juste pour que le Comité fonctionne bien. Il faut surtout savoir déléguer.» Cela fait partie de sa personnalité, dit-elle: faire que les choses se passent. Elle voyage énormément et remercie la flexibilité que lui offre son travail de chercheuse. C’est grâce à cela qu’elle peut s’engager à titre de volontaire. Elle regrette d’ailleurs que l’accès au Comité soit conditionné par le fait d’avoir un travail flexible ou alors d’avoir de l’argent. «Cela exclut beaucoup de membres potentiel·le·s». Quatre fois par année, elle se rend à Londres pour une réunion du Comité.

Depuis la base

Le militantisme a bercé son enfance. Ses parents – sa mère est Anglaise et son père Américain, ce qui explique son anglais parfait – faisaient tous deux partie du mouvement social des années septante. Une famille dont elle est d’ailleurs très proche et pour laquelle elle ménage des plages de temps libre.. Elle rit en se souvenant de la question posée un jour par un journaliste suédois sur ses passe-temps: «Je n’ai pas de passe-temps! Croyez-vous qu’il me reste une minute de libre entre mon travail et Amnesty?»

Lorsqu’elle le peut, elle essaie de rencontrer des militant·e·s de la base, afin d’ancrer sa vision générale de l’organisation dans du concret. «La grande force d’Amnesty International est d’avoir à la fois des équipes de recherche très professionnelles et un mouvement de campagnes de base extrêmement efficace.» La présidente souligne également l’importance de la structure de l’organisation qui promeut la démocratie dans son fonctionnement interne. Et, même si tout évolue plus lentement, la consultation est toujours positive. Convaincue de l’importance de la base, elle sait déjà que, une fois son mandat au Comité terminé, elle retournera militer dans un groupe local.