Militantisme sur le Campus

Pour Jessica Cuerq, faire «bouger les choses» rime non seulement avec bonne humeur mais également avec amitié. Responsable depuis 2007 du groupe Amnesty Hautes écoles lausannoises, elle passe une bonne partie de son temps libre à militer pour la défense des droits humains.

© Fabrice Praz © Fabrice Praz

Jeune femme dynamique et passionnée, Jessica a plus d’une corde à son arc. Après avoir passé une partie de son enfance aux Etats-Unis, elle finalise actuellement son master en latin et anglais. Le tout en conciliant sa vie privée avec son engagement militant ainsi qu’avec son travail d’assistante mobile pour le helpdesk informatique de l’Université de Lausanne.

«J’ai commencé chez Amnesty International parce que j’avais envie de m’investir personnellement, de donner de mon temps, d’apporter ma goutte d’eau pour essayer d’«améliorer le monde». Je n’aime pas les discours cyniques qui défendent l’idée que si le monde va mal, on ne peut rien y faire.»

La fantaisie et la bonne humeur sont deux points qui lui tiennent à cœur dans son travail de sensibilisation au sein de l’université. «On aimerait organiser des concerts le semestre prochain, avoir de nouvelles idées pour intéresser les gens autrement, tout en travaillant sur des thèmes difficiles comme l’accès à l’eau en Palestine ou la peine de mort.»

Même si l’engagement de Jessica pour la défense des droits humains touche à de nombreux sujets, la jeune femme de vingt quatre ans porte un intérêt marqué pour la question des droits sexuels. «En Suisse, c’est encore relativement facile de vivre son homosexualité, alors que dans certaines régions du monde comme au Moyen Orient ou en Afrique, c’est très difficile. J’ai un couple d’amis qui vivent à New York, ils ne peuvent pas librement s’embrasser dans la rue ou se tenir par la main alors qu’ils vivent dans un pays occidental où l’homosexualité est relativement tolérée. Ce sont des problèmes que les couples hétérosexuels ne connaissent pas.» Elle projette d’ailleurs d’organiser un événement avec le groupe Plan-Queer (cercle des étudiant·e·s LesBiGayTrans des Hautes Ecoles) de l’Université de Lausanne afin d’ouvrir le débat sur les discriminations et les contraintes auxquelles sont confrontées les personnes qui choisissent de vivre leur sexualité selon leurs désirs.

C’est un des amis de Jessica, Yann Mamin, ancien responsable du groupe des Hautes écoles lausannoises, qui lui a fait découvrir les activités d’Amnesty International sur le campus. Depuis ce moment-là, l’enthousiasme de Jessica a été croissant. «Quand on rentre dans le monde associatif, ça crée des liens qui conduisent à être encore plus intéressé. C’est un moyen de rencontrer des gens qui ont les mêmes intérêts et les mêmes valeurs. C’est vraiment devenu un groupe d’amis.» De plus, la collaboration qu’elle entretient avec les professionnel∙le∙s de la Section romande et du bureau de Berne la satisfait énormément. «On a vraiment développé des liens. On est souvent en contact avec eux et ils sont toujours motivés et prêts à nous aider.»

Le militantisme de Jessica ne se résume pas à Amnesty International. Elle travaille également depuis peu pour le Centre de conseils et d'appui pour les jeunes en matière de droits de l’homme (CODAP) ainsi que pour Main à Main, une petite organisation genevoise qui fait de la recherche de fonds en soutien à des projets dans les pays du Sud. Mais où trouve-t-elle tout ce temps et toute cette énergie? «C’est parce que j’ai envie de m’impliquer personnellement et qu’une fois qu’on y met le petit doigt, on est aspiré, on est mené vers de nouveaux intérêts. Je ne me pose même plus de questions, pour moi ça va de soi.»

Article paru dans le magazine AMNESTY, n°58, publié par la Section suisse d’Amnesty International, septembre 2009