Marie-Jo Friche Les droits humains au coeur du Jura

Article paru dans le magazine AMNESTY, n°59, publié par la Section suisse d’Amnesty International, novembre 2009.
Née dans la région de Delémont, Marie-Jo Friche est une militante des droits humains profondément engagée. Depuis quatre ans, elle se dit déterminée à se battre pour les opprimé·e·s tout en veillant au bien-être de ses deux enfants et à la qualité de sa profession d’enseignante. Découverte d’une figure discrète mais non moins énergique.

© Déo Negamiyimana

Enseignante d’anglais et de géographie, elle défend également la cause écologique. On peut dès lors se demander où cette mère de deux enfants de moins de dix ans trouve le temps de militer pour les droits humains. Marie-Jo Friche répond vite par une phrase simple, mais pleine de sens: « Pour moi, la défense des droits humains est un plaisir!» Au vu de la situation des droits humains dans le monde, on croit parler à une extraterrestre. Mais la Jurassienne n’en est pas une. C’est une femme réaliste. Philosophe dans sa façon d’appréhender la situation. «Défendre les droits humains, dit-elle, est un combat de David contre Goliath.» Sauf que notre militante n’agit pas avec la force, mais avec des idées.

Les idées, elle n’en manque pas. Récemment, elle a créé un groupe Amnesty au Lycée cantonal de Porrentruy. «Je me suis dit qu’il fallait informer et sensibiliser les jeunes aux droits humains. Comme j’ai souvent des contacts avec eux, j’ai trouvé qu’il fallait les aider à acquérir les réflexes de défense des droits humains dès leur jeune âge», explique l’enseignante qui se bat avec les lycéen·ne·s pour la libération de Ferhat Gerçek. En octobre 2007, ce jeune Turc de dix-neuf ans vendait des exemplaires d'un magazine de gauche autorisé. Il a reçu une balle dans le dos. «Il est actuellement en prison et paralysé à vie, s’indigne Marie-Jo Friche. Nous unissons nos forces pour réclamer sa libération.» Aujourd’hui encore, elle reste fortement consternée par la mort de Delara Darabi, jeune Iranienne exécutée en mai dernier alors qu’elle était mineure au moment des faits reprochés. Marie-Jo estime que la peine capitale n’a plus sa place dans les législations modernes.

«Les violations des droits humains ont atteint une ampleur inégalée ces dernières années, à tel point que certains de nos militants risquent de baisser les bras. Ce n’est pas le moment de se décourager», lance la femme battante, convaincue que la défense des droits humains est un combat sans fin et qu’il faut savourer toute victoire décrochée. C’est cela son secret. Pour elle, il faut mettre en avant les expériences positives sans fermer les yeux sur ce qui ne va pas, ici comme ailleurs. Dans cet esprit, Marie-Jo Friche est préoccupée par la violence à l’encontre des femmes. Mais aussi par le manque de responsabilité de celles et ceux qui ne font pas attention aux conditions de production de certains biens de consommation comme le pétrole, les produits agro-alimentaires, etc. «Nous devons toutes et tous faire quelque chose», estime celle qui a horreur de la passivité, qu’elle qualifie de complicité.