Suisse Le cinéma militant

Article paru dans le magazine AMNESTY, n°61, publié par la Section suisse d’Amnesty International, mai 2010.
Le Festival du Film Vert a récompensé pour la première fois un documentaire par le prix Tournesol : Vers un crash alimentaire , de Richard Prost et Yves Billy. Se poser des questions et agir sont un moteur pour Nicolas Guignard, directeur du festival.

© Fabrice Praz

 

AMNESTY: Comment se passe la sélection des films ?


Nicolas Guignard : Le comité de sélection est composé de toutes les personnes qui sont à peu près actives dans le festival. Cette année, une quarantaine de films ont été visionnés. Certains ont été éliminés parce qu’ils n’étaient pas assez bons, trop vieux ou hors sujet. Parmi les vingt-six films retenus, nous en avons choisi deux communs à toutes les villes : Vers un crash alimentaire et Déchets : le cauchemar du nucléaire. Finalement, cinq films, dont les deux communs, ont été nominés pour le prix Tournesol, qui récompense un film vraiment intéressant au niveau de l’écologie et qui continuera à faire partie du festival.


Quels aspects vous ont plu dans Vers un crash alimentaire ?


C’est qu’il est très complet ! Il parle de tout. Il parle du réchauffement climatique, des OGM, des agro-carburants, des changements de consommation en Chine notamment, ce qui est un gros problème, des spéculations boursières qui ont provoqué les émeutes de la faim (ndlr : début 2008). Au début du film, on voit que le prix de la galette de maïs double. Vous avez juste de quoi manger et voilà que le poste le plus grand de votre budget double ! Ce sont des problèmes qui ont tous un rapport avec l’écologie et l’humain.


Ces films sont finalement assez déprimants, non ?


La question c’est : «Qu’est-ce qu’on peut faire ? » J’essaie de faire attention à ce qu’on puisse y répondre et aller dans ce sens sera aussi le but pour les années suivantes. Après avoir vu un film comme Vers un crash alimentaire, on a juste envie de se dire : «Bon, on arrête de manger, ce sera plus simple ! » C’est vrai que ces films sont un peu déprimants, mais il y a des choses à faire.


Comment a débuté ce festival ?


Au départ, ce sont les Verts qui l’ont organisé. Nous aurions pu l’appeler Festival du Film écolo. En même temps, «Film Vert» permet de comprendre tout de suite de quoi il s’agit. Nous voulions une petite connotation militante. Parce que c’est un festival militant. Mais depuis la création d’une association indépendante, le festival est devenu complètement apolitique.