La politique d’asile suisse: une politique de fermeture et de renvoi?

Article paru dans le magazine AMNESTY, n°66, publié par la Section suisse d’Amnesty International, septembre 2011.
Une politique cohérente et déterminée

Philippe Leuba Philippe Leuba, conseiller d'Etat et Chef du Département de l'intérieur du canton de Vaud. © DR

Quiconque exerce des responsabilités politiques en lien avec la migration prend rapidement conscience de la nécessité, dans cette matière peut-être plus que dans toute autre, de suivre une ligne à la fois claire, constante et équilibrée. De fait, la tentation d’une fermeté aveugle, comme celle d’une bienveillance naïve, ne peuvent conduire qu’à une impasse, et l’on a vu mainte politique d’asile par trop unilatérale aboutir à l’échec par manque d’adéquation avec la réalité des faits.

Le canton de Vaud a pris depuis quelques années une direction cohérente et déterminée: stricte avec les étrangers qui font peu de cas de l’ordre juridique – lequel est le fondement d’un Etat de droit –, mais ouverte vis-à-vis de ceux qui font l’effort de l’intégration. Et les statistiques s’en ressentent. Notre canton compte ainsi parmi ceux qui recourent le plus à l’expulsion des criminels d’origine étrangère en même temps qu’il est celui qui procède au plus grand nombre de régularisations à titre humanitaire. Ce dernier point lui a d’ailleurs valu un satisfecit de la part de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR).

La politique d’asile suisse n’est pas «une politique de fermeture et de renvoi», comme la question induite du titre pourrait le laisser sous-entendre, pas davantage qu’elle ne doit être une politique indistincte d’accueil et d’ouverture. Malgré la précarité de certaines populations migrantes, l’hospitalité n’est pas un dû : elle obéit à des règles et à des lois qui en font la valeur aussi bien qu’elles asseyent les bases d’une cohabitation harmonieuse avec celles et ceux qui l’accordent.