ABB a été critiqué lors de la construction du barrage des Trois-Gorges en Chine. Aujourd’hui, l'entreprise adopte des critères de responsabilité sociale. © Nowozin
ABB a été critiqué lors de la construction du barrage des Trois-Gorges en Chine. Aujourd’hui, l'entreprise adopte des critères de responsabilité sociale. © Nowozin

Entreprises: des initiatives existent

Article paru dans le magazine AMNESTY, n°67, publié par la Section suisse d’Amnesty International, mars 2012.
Durabilité, responsabilité des entreprises, ou – pour utiliser le terme international – Corporate Social Responsability: ces notions s’appliquent aux entreprises qui s’astreignent à respecter les droits humains. Exemple.
l’ère des produits biologiques et du commerce équitable, de nombreuses entreprises ont fini par se rendre compte que leur clientèle était attirée par des articles véhiculant des idées d’équité et de durabilité. elles réalisent que le respect des droits humains relève de leur responsabilité et doit être intégré à leur stratégie commerciale. Mais qu’y a-t-il derrière ce vocable de responsabilité entrepreneuriale? Les grands groupes sont-ils vraiment capables de prendre des initiatives qui aillent au-delà des opérations de relations publiques ?
Le groupe zurichois de technologie électronique ABB a adopté en 2007 des directives concernant les droits humains et il a créé un service chargé de la Corporate Social Responsabi- lity. «Si une entreprise veut vraiment prendre au sérieux ses engagements en matière de droits humains, elle doit intégrer des critères correspondant à toutes les étapes des processus de décision », rapporte ron Popper, directeur de la responsabilité sociale. chez ABB, ces critères doivent être appliqués lors de l’évaluation des risques, tout au long de la chaîne d’approvi- sionnement et avant l’éventuel rachat d’une autre entreprise.
Sensibilisation des employé·e·s Jusqu’à fin 2012, nous voulons former les cadres supérieurs des douze plus importants pays producteurs aux thématiques des droits humains», explique ron Popper. Les formations ne durent habituellement guère plus d’une demi-journée. «ce serait bien beau si nous avions une semaine à disposition», reconnaît-il. Son équipe de Zurich comprend trois per- sonnes et il entend gagner d’autres allié·e·s à la cause des droits humains parmi les 135 000 employé·e·s d’ABB dans le monde. « Depuis la Suisse, nous ne pouvons pas avoir l’œil sur les dizaines de milliers de transactions du groupe de par le monde. nos collaborateurs sur place doivent donc être sen- sibilisés aux cas problématiques et savoir à qui s’adresser. »
Le directeur de la responsabilité sociale examine toutes les transactions projetées et fait des recommandations s’il découvre un problème. un collaborateur peut ainsi voir son projet refusé. ABB a été régulièrement en butte à la critique, notamment pour sa participation au barrage controversé des

A l’ère des produits biologiques et du commerce équitable, de nombreuses entreprises ont fini par se rendre compte que leur clientèle était attirée par des articles véhiculant des idées d’équité et de durabilité. Elles réalisent que le respect des droits humains relève de leur responsabilité et doit être intégré à leur stratégie commerciale. Mais qu’y a-t-il derrière ce vocable de responsabilité entrepreneuriale? Les grands groupes sont-ils vraiment capables de prendre des initiatives qui aillent au-delà des opérations de relations publiques?

Le groupe zürichois de technologie électronique ABB a adopté en 2007 des directives concernant les droits humains et il a créé un service chargé de la Corporate Social Responsability. «Si une entreprise veut vraiment prendre au sérieux ses engagements en matière de droits humains, elle doit intégrer des critères correspondant à toutes les étapes des processus de décision», rapporte Ron Popper, directeur de la responsabilité sociale. Chez ABB, ces critères doivent être appliqués lors de l’évaluation des risques, tout au long de la chaîne d’approvisionnement et avant l’éventuel rachat d’une autre entreprise.

Sensibilisation des employé·e·s

Jusqu’à fin 2012, nous voulons former les cadres supérieurs des douze plus importants pays producteurs aux thématiques des droits humains», explique Ron Popper. Les formations ne durent habituellement guère plus d’une demi-journée. «Ce serait bien beau si nous avions une semaine à disposition», reconnaît-il. Son équipe de Zürich comprend trois personnes et il entend gagner d’autres allié·e·s à la cause des droits humains parmi les 135 000 employé·e·s d’ABB dans le monde. «Depuis la Suisse, nous ne pouvons pas avoir l’œil sur les dizaines de milliers de transactions du groupe de par le monde. Nos collaborateurs sur place doivent donc être sen- sibilisés aux cas problématiques et savoir à qui s’adresser.»

Le directeur de la responsabilité sociale examine toutes les transactions projetées et fait des recommandations s’il découvre un problème. Un collaborateur peut ainsi voir son projet refusé. ABB a été régulièrement en butte à la critique, notamment pour sa participation au barrage controversé des Trois-Gorges, en Chine, ou pour ses activités au Soudan. Le groupe opère souvent dans des contextes explosifs, avec de grands projets d’infrastructure dans des pays en développement, dont les structures étatiques sont faibles et où les populations locales ont peu de moyens de défense. «ABB a fait des progrès dans la protection des droits humains, mais nous avons encore du travail, souligne Ron Popper. Les droits humains gagnent en importance dans le champ des affaires – de même que les audits environnementaux, un thème devenu incontournable.»

Du côté d’Amnesty international, on approuve ces démarches volontaires des entreprises, tout en soulignant qu’elles sont insuffisantes. «En cas de violations réelles des droits humains, les personnes concernées n’ont aucune possibilité de faire valoir leurs droits», estime Danièle Gosteli Hauser, responsable économie et droits humains d’Amnesty international en Suisse.