Une famille réfugiée dans le camp de Na Kavala, dans le nord de la Grèce. © Amnesty International /Richard Burton
Une famille réfugiée dans le camp de Na Kavala, dans le nord de la Grèce. © Amnesty International /Richard Burton

Édito L'urgence de répondre à la détresse

Par Nadia Boehlen - Article paru dans le magazine AMNESTY n° 89, Juin 2017
Il y a plus de six ans maintenant, un irrépressible élan pacifique réunissait des dizaines de milliers de personnes autour d’une volonté de réforme en Syrie. Mais le déficit de soutien occidental à toute forme d’opposition, le choix des États-Unis – traumatisés par les bourbiers irakien et afghan – d’intervenir uniquement contre le groupe armé État islamique, et l’appui décisif de l’Iran et de la Russie à Damas ont conduit à l’implacable écrasement de la révolution modérée.

nadia.jpegDepuis, tant de lignes rouges ont été franchies. Les forces gouvernementales syriennes, avec l’appui de la Russie, ont bombardé et attaqué à l’arme chimique des civils. Elles ont affamé et déplacé des populations civiles en imposant des sièges prolongés, soumis des dizaines de milliers de personnes à des disparitions forcées, à des exécutions extrajudiciaires et à la torture en détention. Des groupes armés ont de leur côté assiégé et bombardé aveuglément des zones majoritairement peuplées de civils, et se sont rendus coupables d’enlèvements, de torture et d’exécutions sommaires.

Ce n’est pas la frappe ponctuelle de Trump contre une base militaire syrienne, suite à l’attaque chimique de Damas contre Khan Cheikhoun, qui aura vocation à enrayer toutes ces horreurs. Nous consacrons le dossier de ce numéro à la Syrie. Une manière de rendre hommage à l’héroïsme de celles et ceux qui, dans ce pays, ont porté un projet de changement et qui s’ingénient à y vivre et à résister malgré tout. Une manière de rappeler l’urgence de répondre à la détresse des déplacé·e·s et des réfugié·e·s et de s’acheminer vers des pourparlers de paix qui prévoient l’obligation de rendre des comptes pour les criminels de guerre.