© Nicole S. Glass/Shutterstock.com
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Édito État de droit et minorités en péril

Par Nadia Boehlen - Article paru dans le magazine AMNESTY n° 92, Mars 2018
Le populisme peut contenir des revendications et des politiques légitimes, notamment celles qui visent à renforcer l’État social, nous disent politistes et sociologues. Mais dans l’ensemble, hormis un regard sur les caudillismes de gauche, en Bolivie ou au Venezuela, ces spécialistes concentrent leur analyse sur les leaders des droites extrêmes. Et montrent à quel point leurs politiques rognent les acquis démocratiques tout en diabolisant certains groupes de la société: minorités ethniques ou sexuelles, migrant·e·s.

© Samuel FromholdCe numéro du magazine offre un tour d’horizon, tout en décryptant la manière dont les populismes pénètrent les médias classiques ou utilisent les nouveaux médias pour diffuser leurs thèses. 

L’exemple suisse, où nous votions sur l’initiative «No Billag» au moment de mettre sous presse et où des sites de réinformation liés aux droites extrêmes profitent du vide laissé par l’affaissement des médias classiques, est d’une actualité brûlante. En Europe, la Hongrie est le pays qui a poussé le plus loin le démantèlement de l’État de droit. Dans le nouveau cadre «illibéral» qu’il a créé, Orbán exclut, à coups de polémiques, de coupes dans l’aide sociale ou de soutien aux milices citoyennes, les groupes qui n’appartiennent pas à la clientèle du Fidesz. De l’autre côté de l’Atlantique, le président Trump flatte sa clientèle électorale à coups de slogans et de mesures sexistes, racistes et xénophobes, tout en menant une politique économique qui privilégie une poignée de superriches. Un inquiétant tour d’horizon, qui devrait inciter plus que jamais à la mobilisation.