C’est à la gare de Bâle que Fina a participé à sa première action avec son groupe Amnesty. ©Nicolas Schopfer
C’est à la gare de Bâle que Fina a participé à sa première action avec son groupe Amnesty. ©Nicolas Schopfer

La jeunesse à l'avant-garde de la mobilisation Fina Girard, 18 ans, une recherche de sens

Par Carole Scheidegger - Article paru dans le magazine AMNESTY n° 99, décembre 2019

Il y a quelques années, Fina Girard se sentait impuissante : « Je ne suis qu’une adolescente, mon opinion n’est pas prise au sérieux, je ne peux rien faire. » À l’époque déjà, la jeune fille trouve la politique passionnante, mais rejoindre un parti lui semble trop contraignant. C’est grâce à une amie qu’elle rejoint finalement le groupe Amnesty Youth de Bâle. Fina a très vite l’impression qu’elle peut faire une différence : « Je me suis rendu compte qu’il y avait d’autres personnes qui pensaient comme moi. »

La jeune femme de 18 ans, qui a été autorisée à voter pour la première fois le 20 octobre dernier, explique : « Il est nécessaire de penser plus loin que le bout de son nez, de penser au-delà de ses propres besoins. Je veux un monde où les choses matérielles et l’égoïsme comptent moins. » Elle admet qu’en tant que jeune, avec de telles déclarations, on est rapidement catalogué·e comme « idéaliste ». Mais les jeunes ont de l’espace et du temps pour s’engager, observe-t-elle En outre, il leur est plus facile d’atteindre leurs pairs : « Nous sommes probablement plus crédibles que quelqu’un de 50 ans travaillant dans le marketing qui utiliserait le mot ʺcoolʺ dans tous ses textes. »

L’agenda de Fina est bien rempli. Elle se prépare à la maturité au printemps prochain, joue du hautbois dans divers ensembles et chante dans un chœur. À côté de ça, elle milite activement avec le groupe Amnesty, ainsi qu’en faveur du climat. « Souvent, nous agissons en solidarité avec ceux qui vivent loin de nous. Mais, pour la première fois, le changement climatique est un sujet qui me touche aussi directement », raconte-t-elle autour d’un café dans la vieille ville de Bâle. La militante aime entrer en contact avec des gens qui pensent différemment : « Il n’est pas nécessaire de convaincre tout le monde, mais on peut dialoguer », souligne-t-elle.

En collaboration avec le groupe Amnesty Youth de Bâle, elle organise régulièrement des actions spontanées dans la rue, par exemple contre les violences sexuelles, ou des concerts en faveur des droits humains, comme « Dance for Human Rights » qui a fait salle comble.

Reste à voir où ira la fille d’un chauffeur de taxi et d’une conservatrice de musée après l’obtention de son diplôme d’études secondaires. Pendant longtemps, elle s’est intéressée à l’architecture, mais penche aujourd’hui davantage pour une profession dans une organisation sociale : « Avant tout, je veux que mon travail ait du sens. »