Zineb est très investie dans le groupe Amnesty Youth de l’Université de Genève, où elle se bat notamment pour le droit des femmes. ©Nicolas Schopfer
Zineb est très investie dans le groupe Amnesty Youth de l’Université de Genève, où elle se bat notamment pour le droit des femmes. ©Nicolas Schopfer

La jeunesse à l'avant-garde de la mobilisation Zineb Baaziz, 22 ans, actrice de changement

Par Emilie Mathys - Article paru dans le magazine AMNESTY n° 99, décembre 2019

« J’ai grandi au Maroc, dans une société où les normes sociales et religieuses sont extrêmement rigides. C’est de là que mon engagement est né. » Son combat de femme, Zineb Baaziz, 22 ans, le vit depuis toujours. Elle qui, adolescente, a dû arrêter le foot sous la pression sociale, a toutefois eu la chance d’avoir un père ouvert, qui a toujours encouragé ses trois filles à voyager et à faire des études. Fascinée par la criminologie et les droits humains, Zineb choisit à 18 ans la Suisse, « où on trouve les deux », pour ses études. Elle se décidera finalement pour l’Université de Lausanne et son programme de Sciences Politiques.

« Au lycée de Rabat, j’ai fait partie d’un groupe indépendant, Philosophie de Rue, qui se rencontrait les samedis pour des discussions informelles autour de thèmes progressistes. Ces discussions m’ont permis de développer d’autres points de vue et, surtout, de constater que je n’étais pas seule à vouloir aller de l’avant. Mais mon engagement est devenu vraiment concret à l’Université, où j’ai rejoint Amnesty International. » En tant que coresponsable de la section Droits des Femmes, Zineb organise régulièrement des conférences, ainsi que des ateliers pour apprendre comment répondre ou agir face à des attaques sexistes. Des thèmes qu’elle tente de promouvoir au sein d’associations étudiantes dont elle fait également partie.

« Tout ce qui touche au domaine de la sexualité m’interpelle. Sans doute car c’est encore très tabou dans mon pays d’origine. La condition des femmes migrantes et leur double oppression me touche aussi beaucoup », souligne la jeune femme, par ailleurs engagée pour la cause LGBT+. « J’ai été déçue de voir qu’en Suisse aussi, on pouvait se faire agresser pour son orientation sexuelle. »

Lui arrive-t-il de se sentir découragée ? « Non, au contraire. Depuis quelques années, ma motivation est toujours plus forte. Quant aux remarques négatives que je reçois parfois sur les réseaux sociaux, elles sont le signal qu’il reste encore beaucoup à faire. De toute façon, une fois que tu t’engages tu ne peux pas te décourager », affirme-t-elle d’une voix posée. « Je suis une femme, et je subis donc des discriminations. Si moi-même je ne me bats pas, qui le fera ? »

Ayant récemment déménagé à Genève pour son Master, Zineb voit son futur se dessiner petit à petit. Maroc, Suisse ou ailleurs, « je serai là où je peux être actrice de changement », prophétise la jeune féministe. Militante un jour…

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