© Fabrice Coffrini/AFP via Getty Images
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Antiracisme: le tournant Édito

Par Nadia Boehlen - Article paru dans le magazine AMNESTY n°104, mars 2021
Après le génocide des Juifs et, plus tard, le processus de décolonisation, il est devenu de plus en plus compliqué de défendre des visions du monde, des comportements ou des politiques fondés sur une hiérarchie entre les races.

Le racisme a été condamné par la Déclaration universelle des droits de l’homme, et par un certain nombre de législations de portée régionale et nationale. Toutefois, comme un virus qui mute pour survivre, les représentations racistes se sont édulcorées pour paraître acceptables, mobilisant la notion de culture ou celle de civilisation.

Aux yeux de nombre de politiques européens, il s’agirait de défendre les fondements de la culture européenne face au risque de déliquescence qu’induirait le contact ou le mélange avec d’autres cultures. L’initiative anti-burqa découle directement de ce néoracisme déguisé en défense de l’identité européenne. Aux États-Unis, des hommes politiques récupèrent le suprémacisme blanc dans des propos suggérant le recours au law and order (comme lorsqu’il s’était agi de mater le mouvement pour les droits civiques) pour contrer l’action de gangs de voyous, dont il est implicite qu’ils sont noirs.

Légitimées et alimentées par certains discours politiques qui déploient un racisme codé, les discriminations font partie de notre quotidien. Que ce soit en raison de leur couleur de peau, de leur origine, langue, religion ou style de vie, des femmes et des hommes sont discriminé·e·s et subissent des violences malgré le multiculturalisme de nos sociétés.

La bonne nouvelle est que le mouvement Black Lives Matter a stimulé la lutte contre le racisme. Et aux États-Unis comme en Europe, la société civile s’organise pour mieux le combattre !