Des migrants arrêtés par la police à Bicske en Hongrie | © Getty Images
Des migrants arrêtés par la police à Bicske en Hongrie | © Getty Images

Réfugiés L'UE toujours incapable de trouver une réponse adaptée

Communiqué de presse publié le 15 septembre 2015, Londres - Genève. Contact du service de presse
Ce lundi 14 septembre, les Etats européens ne sont pas parvenus à trouver un accord global pour que l’UE réponde correctement et efficacement au défi de la protection des milliers de personnes qui cherchent refuge sur notre continent. Une paralysie qui illustre bien la crise de gouvernance de l’UE sur ces questions.

Cette réunion extraordinaire, à laquelle a participé la Présidente de la Confédération suisse,

Mme Simonetta Sommaruga, s’est achevée sur une décision formelle de répartir entre les Etats membres 40'000 réfugiés arrivés en Grèce et en Italie. Cette solution avait été élaborée au mois de mai 2015 et déjà discutée au mois de juillet 2015. Elle sera mise en œuvre sur deux ans.

L'UE très loin du compte

Aucun accord n’a été trouvé en revanche sur la proposition récente de la Commission européenne de procéder à la relocalisation de 120'000 autres personnes pour aider les Etats-frontières de l’UE (Grèce, Italie et Hongrie) à faire face aux arrivées de nombreux réfugiés ces dernières semaines.

«Les mesures discutées étaient fragementaires et n’avaient rien à voir avec une réponse globale de l’UE à la crise des réfugiés, mais les Ministres n’ont même pas réussi à se mettre d’accord là-dessus», a commenté Iverna McGowan, directrice par intérim du Bureau d’Amnesty International auprès des institutions européennes.

«Alors que la crise des réfugiés s’aggrave de jour en jour, la réaction de l’UE a été timorée, au lieu d’être résolue».

En attendant une prochaine réunion de  l’UE annoncée pour octobre, des milliers de réfugiés risquent de devoir faire face à des conditions d’accueil déplorables dans les Etats-frontières de l’UE.

La relocalisation: fausse vraie solution

La mise en œuvre de la procédure de relocalisation soulève deux questions fondamentales:

  • la volonté des personnes qui font l’objet de la relocalisation n’est pas prise en compte;
  • la détention et des mesures coercitives risquent d’être utilisées pour contraindre des personnes à rejoindre des Etats dans lesquels ils n’ont ni famille, ni perspective réelle d’intégration.

Au lieu de se concentrer uniquement sur des mesures d’organisation interne, la Suisse et les Etats de l’UE doivent urgemment: 

  • ouvrir aux réfugiés des voies d’accès sûres et légales à leur territoire ;
  • garantir que le statut de réfugié octroyé par un Etat soit reconnu par tous les autres.

Au lieu d’ériger de nouvelles barrières et de se quereller sur un système de quotas, l’UE doit envisager une refonte complète de sa politique d’asile.