YANNIS KOLESIDIS/AFP/Getty Images
YANNIS KOLESIDIS/AFP/Getty Images

Réfugiés L'appel du G20 en faveur des réfugiés marqué par l’hypocrisie

6 septembre 2016
La Déclaration du sommet du G20 de Hangzhou, qui appelle à un meilleur «partage des responsabilités» pour faire face à la crise des réfugiés, révèle que la plupart des pays du G20 n'ont guère assumé leur part de responsabilité jusqu'à présent, a déclaré Amnesty International lundi 5 septembre 2016

Actuellement, 27 pays à travers le monde sont dotés de programmes officiels de réinstallation des réfugiés. Seul neuf d'entre eux font partie du G20. Parmi les membres du G20, seul le Canada fait preuve d'une réelle ouverture en matière de réinstallation: il a accueilli plus de 25 000 réfugiés venus de Syrie depuis fin 2015 et affirme qu'il en accueillera davantage.  La position audacieuse de l'Allemagne, qui a accueilli plus d'un million de réfugiés, reste inégalée par d'autres membres européens du G20.

«La Déclaration du G20, pointant la nécessité de partager le "fardeau" des réfugiés, sonne creux, nombre de pays du G20 n'assumant pas leur juste part de la responsabilité mondiale pour les réfugiés et un sommet de l'ONU prévu ce mois-ci pour trouver un accord étant condamné à l'échec. Moins de la moitié des pays du G20 réinstallent actuellement des réfugiés de manière régulière», a déclaré Audrey Gaughran, directrice du programme Thématiques mondiales à Amnesty International.

«Aujourd'hui, de nombreux pays du G20 bloquent des projets globaux de partage de responsabilité pour les réfugiés dans le monde. Lors des discussions de l'ONU, au lieu de soutenir un projet de résolution mondiale de la crise des réfugiés, l’Union européenne, la Russie et la Chine ont décidé de demeurer une partie du problème, accordant la priorité à leurs intérêts nationaux étriqués et rejetant des mesures concrètes. Il semble que certains membres du G20 tiennent un discours en public, et un autre derrière les portes closes.»

«Les pays du G20 doivent faire beaucoup plus pour venir en aide aux réfugiés s’ils veulent que cette déclaration ne résonne pas comme de l’hypocrisie pure et simple.»