La personne qui succèdera à Ban Ki-moon sera désignée par le Conseil de sécurité des Nations unies d’ici la fin de l’année 2016. © AFP/Getty Images
La personne qui succèdera à Ban Ki-moon sera désignée par le Conseil de sécurité des Nations unies d’ici la fin de l’année 2016. © AFP/Getty Images

Nations unies Les huit priorités du prochain secrétaire général des Nations unies

La prochaine personne qui occupera le poste de secrétaire général·e des Nations unies doit proposer une nouvelle approche mondiale de la question des réfugié·e·s, et faire tout ce qui est son pouvoir pour mettre fin aux atrocités et protéger les civils dans les conflits armés, a déclaré Amnesty International, à l’heure où le processus de sélection du ou de la prochain·e dirigeant·e de cette organisation mondiale est ouvert au public pour la première fois.

Amnesty International et six autres organisations de défense des droits humains ont dressé une liste de huit priorités auxquelles le ou la prochain·e secrétaire général·e des Nations unies doit se consacrer afin de reconstruire la crédibilité de l’ONU en matière de droits humains, mise à mal par les allégations selon lesquelles des soldats chargés du maintien de la paix se sont rendus coupables d'abus et par son incapacité à protéger les droits fondamentaux dans le cadre de crises majeures, notamment en Syrie, en Irak, au Yémen et au Soudan du Sud.

Tenir tête aux États

Dans une optique d’élargissement du processus de sélection, les candidat·e·s à la succession de Ban Ki-moon décriront leur vision et répondront à des questions lors de l’Assemblée générale des Nations unies du mardi 12 au jeudi 14 avril 2016.

«Le monde a besoin d’un·e secrétaire général·e ferme, qui tiendra tête aux États qui commettent des violations des droits humains. Les Nations unies ne peuvent tout simplement pas remplir leur mandat sans mettre les droits humains au cœur de tout ce qu’elles entreprennent», a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.

Les droits humains au coeur

«Les personnes souhaitant être à la tête des Nations unies doivent se mobiliser en faveur des droits humains, dès maintenant. Elles ne doivent pas craindre les réactions négatives. Les États membres qui chercheraient à pénaliser un engagement en faveur des droits humains porteraient atteinte à la Charte des Nations unies et mettraient en péril le futur de l’ONU elle-même», a déclaré Salil Shetty.

Huit priorités

Amnesty International et ses partenaires demandent au ou à la prochain·e secrétaire général·e des Nations unies de se saisir de huit questions prioritaires :

  • Changer la donne pour les femmes et les hommes réfugiés et migrants. Jamais depuis la Deuxième guerre mondiale les personnes forcées à fuir leur domicile du fait de conflits et de violations des droits humains n’ont été aussi nombreuses. Le ou la secrétaire général·e devra, en appui à la Convention relative au statut de réfugié, travailler avec assiduité à mettre en place une nouvelle approche mondiale de la question des réfugiés, qui s’appuie sur une coopération internationale soutenue, ainsi que sur un partage équitable des responsabilités en termes de réinstallation. Il lui incombe aussi de présider à une évaluation de grande ampleur des mécanismes actuels de gestion des migrations internationales, dans le souci d'y intégrer les droits humains.
  • Prévenir et faire cesser les atrocités de masse. Le ou la secrétaire général·e doit user des pouvoirs que lui confère la Charte des Nations unies pour aider à prévenir et faire cesser les violations graves du droit international humanitaire et en matière de droits humains, comme le fait de prendre délibérément des civils pour cible dans le cadre de conflits.
  • Défendre la société civile. La société civile constitue un rempart indispensable contre la répression d’État à l’égard de la dissidence et des actions de protestation. Le ou la secrétaire général·e doit clairement afficher son soutien à la société civile, en particulier aux défenseur·e·s des droits humains et aux journalistes.
  • Faire valoir les droits des personnes marginalisées. Les discriminations et le non-respect des droits fondamentaux aggravent la pauvreté et creusent les inégalités à travers le monde. Le / la prochain·e secrétaire général·e devra protéger les droits des personnes marginalisées et chercher à mettre un terme à la discrimination sous toutes ses formes.
  • Garantir l'égalité des genres. Le ou la secrétaire général·e doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour promouvoir les droits des femmes et l'égalité des genres, en favorisant la mise en œuvre des principaux engagements pris en faveur de cette dernière, par exemple dans le cadre du Programme sur les femmes, la paix et la sécurité et des Déclaration et Programme d'action de Beijing.
  • Combattre l’impunité. La personne à la tête des Nations unies devra s’engager en faveur de la lutte contre l'impunité pour les crimes sanctionnés par le droit international. Elle devra veiller à ce que la Cour pénale internationale et les autres tribunaux de stature internationale bénéficient du soutien politique et financier dont ils ont besoin.
  • En finir avec la peine de mort. Des progrès notables ont été accomplis sur la voie de l'abolition de la peine de mort dans le monde. Le ou la secrétaire général·e devra faire tout son possible pour parvenir, au cours de son mandat, à l'abolition universelle de la peine capitale.
  • Renforcer l'influence des Nations unies en matière de droits humains. Les droits humains sont l’un des piliers de la mission des Nations unies, avec le développement et le maintien de la paix et de la sécurité internationales. La personne qui assumera les fonctions de secrétaire général·e devra veiller à ce que les droits humains se voient accorder une place et des ressources suffisantes. Elle devra prendre des mesures audacieuses et déterminantes, pour que les droits humains soient respectés dans le monde entier, sans que personne ne soit oublié sur le bord du chemin. Il lui faudra aussi préserver l’intégrité de l’organisation, notamment en nommant des candidats d’excellente qualité et en veillant à ce que le personnel des Nations unies soit tenu de rendre des comptes.
Complément d’information

Le document intitulé Priorités en matière de droits humains à l’attention du ou de la prochain·e secrétaire général·e des Nations unies a été signé par Amnesty International, CIVICUS, le Global Centre for the Responsibility to Protect, Human Rights Watch, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, et le World Federalist Movement-Institute for Global Policy.

Huit personnes ont jusqu’à présent fait état de leur intérêt pour le rôle de secrétaire général·e des Nations unies.

Il est possible que d’autres candidat·e·s se présentent dans les mois à venir. La personne qui succèdera à Ban Ki-moon sera désignée par le Conseil de sécurité des Nations unies d’ici la fin de l’année.