Négociations à l'ONU Monsieur Obama, pouvons-nous le faire?

Juillet 2012
Verity Coyle, directrice de campagne à la section britannique d’Amnesty International, s'interroge sur la position des Etats-Unis dans les négociations de l'ONU pour un traité sur le commerce des armes.

barack.jpg Barack Obama a la possibilité de marquer l'histoire en demandant un traité qui protège la population civile. © APGraphicsBank

Les négociations relatives au traité sur le commerce des armes sont arrivées à mi-parcours et il s’agit d’une étape cruciale.

Beaucoup de décisions concrètes ont déjà été prises, mais, ainsi que l’a rappelé de nombreuses fois le président de la conférence, monsieur l’ambassadeur Roberto García Moritán:

«Rien n’est décidé tant que tout n’a pas été décidé.»

Les critères fondés sur les droits humains qui pourraient permettre de sauver des millions de vies risquent d’être gravement édulcorés au cours des négociations pour un traité historique sur le commerce des armes (TCA) qui ont lieu à l’ONU, à New York.

Nous sommes à l’affût de toutes les occasions qui peuvent nous permettre d’influencer, d’informer et de convaincre les gouvernements au sujet de nos préoccupations majeures quant au contenu du traité.

Mais nous ne pouvons pas nier l’évidence plus longtemps.

Les Etats-Unis: la clé du succès ou de l'échec

De quoi suis-je en train de parler? Eh bien, pour dire les choses simplement: des États-Unis. Et plus particulièrement, de leur approche en ce qui concerne les dispositions du traité relatives aux critères.

Il est impossible de ne pas tenir compte de l’influence qu’ont les États-Unis sur tous les aspects de ce processus, ce pays étant le premier exportateur mondial d’armes, une superpuissance et l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

L’affaiblissement de ces règles aurait pour conséquence que les États pourraient continuer de fournir des armes mortelles à ceux qui commettent de graves atteintes aux droits humains.

Le gouvernement de Barack Obama a indiqué qu’aux termes du traité, tout État souhaitant exporter des armes devrait pouvoir faire primer des considérations liées à la sécurité nationale sur les inquiétudes liées à de graves atteintes aux droits humains.

Barack Obama doit faire un choix

Va-il utiliser son pouvoir pour faire quelque chose de bien, ou quelque chose de nettement moins bien?

Cette décision repose entre les mains de Barack Obama, des membres de son Conseil national de sécurité et du Pentagone.

Alors, Monsieur Obama, pour reprendre votre slogan de campagne, can we do it? Pouvons-nous le faire? Peut-on espérer voir naître un traité qui protégera les personnes partout dans le monde en empêchant que des armes ne tombent entre les mains de ceux qui les utiliseraient pour commettre de graves violations des droits humains?

Barack Obama a parlé de sa vision d’un monde où chacun se conduirait avec les autres comme il voudrait qu’on se conduise avec lui-même. Je pense que cela résume très bien ce qu’un TCA fort permettrait d’obtenir. Avec toutes les pressions nationales et commerciales qui pèsent sur lui, choisira-t-il la voie de la moindre résistance ou décidera-t-il d’aller de l’avant?

Agissez aujourd’hui: dites à Barack Obama et aux autres responsables des États-Unis ce que vous en pensez. Action en ligne!

Partout dans le monde, les membres d’Amnesty mènent des actions urgentes pour exhorter les États-Unis à soutenir l’inclusion de critères forts relatifs aux droits humains dans le traité sur le commerce des armes. Joignez-vous à eux, faites entendre vous aussi votre voix, et faisons en sorte que la Maison blanche ne puisse pas ignorer les protestations exprimées de par le monde.

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