Les particpant•e•s à la Baltic Pride 2009, organisée à Riga (Lettonie) © Donnacha DeLong and Daryl Manning
Les particpant•e•s à la Baltic Pride 2009, organisée à Riga (Lettonie) © Donnacha DeLong and Daryl Manning

Liberté d'expression La Baltic Pride a été interdite

6 mai 2010
Suite à une décision du tribunal d’interdire la Baltic Pride 2010 (Marche des fiertés des pays baltes), des centaines de militant·e·s des droits des lesbiennes, gays et personnes bisexuelles et transgenres (LGBT), y compris plus de 50 membres d'Amnesty International de plus de 20 pays, risquent de ne pas pouvoir participer à la Baltic Pride organisée pour la première fois en Lituanie, le 8 mai à Vilnius.

Le Tribunal administratif de la ville de Vilnius a temporairement suspendu le 5 mai la Baltic Pride, en suivant la demande du procureur général par intérim demandant l’interdiction de cette manifestation au motif qu’elle constituerait une menace pour l’ordre public.

« Si l’ordre public est menacé le jour de la marche, ce ne sera pas le fait des manifestants, a déclaré John Dalhuisen, chercheur spécialiste de la discrimination en Europe à Amnesty International.

« Les autorités sont tenues au titre du droit international et du droit lituanien de garantir les droits à la liberté d’expression et de réunion de tous les citoyens. Elles doivent régler la menace qui pèse sur le défilé, et non interdire la manifestation. »

En mars 2010, plus de 50 parlementaires lituaniens ont tenté de faire interdire la Marche des fiertés des pays baltes, faisant valoir qu’elle violerait la Loi relative à la protection des mineurs contre les effets préjudiciables de l’information publique, texte controversé qui est entré en vigueur en début d’année.

La police de Vilnius a informé les organisateurs que des mesures seraient mises en place afin de rendre négligeable le risque de voir les actions des contre-manifestants troubler l’ordre public.

« La Marche des fiertés des pays baltes représente un tournant important pour les droits des lesbiennes et des gays en Lituanie, a indiqué John Dalhuisen.

« Elle reçoit le soutien de militants des deux autres États baltes, la Lettonie et l’Estonie, ainsi que d’organisations internationales telles qu’Amnesty International.

« Interdire cette marche ou s’abstenir d’assurer la sécurité de ses participants reviendrait à adresser à tous les Lituaniens, et au reste du monde, le message selon lequel le respect des droits humains s’opère de manière sélective en Lituanie. »