Amnesty International scandalisée par la décision du Conseil national de persister à vouloir autoriser les Tasers lors d’expulsions

18 décembre 2007
«Le Conseil national aurait dû suivre le Conseil des Etats dans la voie de la sagesse et du respect de la dignité humaine», déplore Daniel Bolomey, Secrétaire général de la Section suisse d’Amnesty In

«Le Conseil national aurait dû suivre le Conseil des Etats dans la voie de la sagesse et du respect de la dignité humaine», déplore Daniel Bolomey, Secrétaire général de la Section suisse d’Amnesty International.

«Le message transmis par le Conseil des Etats lundi 10 décembre, lors de la Journée internationale des droits humains, était pourtant clair: une très nette majorité s’était prononcée contre ces armes dont l’usage serait totalement disproportionné lors d’expulsions de personnes étrangères en voie de refoulement», s’insurge Daniel Bolomey, Secrétaire général de la Section suisse d’Amnesty International. L’organisation considère la décision du Conseil national de persister dans sa volonté d’autoriser l’usage des Tasers lors du renvoi d’étrangers comme scandaleuse et indigne de notre pays.

Amnesty International estime que les armes paralysantes à électrochocs de type Taser ne devraient être utilisées que dans des circonstances restreintes et bien définies, lorsqu’elles sont la seule alternative au recours à la force meurtrière. L’organisation de défense des droits humains estime que, dans le cas des mesures de contraintes pouvant être appliquées à des personnes étrangères en voie d’être refoulées ou renvoyées, l’usage des Tasers serait totalement disproportionné. Elle l’avait d’ailleurs fait savoir lors de la procédure de consultation et avait été suivie par le Conseil fédéral.

Ces armes, bien que considérées comme non létales, ont entraîné la mort d’au moins 291 personnes aux Etats-Unis et au Canada entre 2002 et fin septembre 2007. Tout récemment, un immigrant polonais de 39 ans a été maîtrisé par un Taser après s’être montré très agité à l’aéroport de Vancouver. Selon des témoins, il aurait renversé des chaises, jeté son ordinateur à terre avant d’être terrassé par deux décharges électriques. Il est décédé quelques instants après. Si dans ce cas précis, le lien direct entre le décès et le Taser n’a pas formellement été établi, ce cas démontre à l’envi que ce dernier peut très facilement être utilisé de manière totalement disproportionnée.

Aucune étude rigoureuse, indépendante et impartiale n’a été menée à ce jour sur l’utilisation et les effets des pistolets paralysants, en particulier lorsqu’ils sont utilisés sur des personnes souffrant d’un problème cardiaque, sous l’emprise de la drogue ou en proie à une situation de stress important comme c’est le cas pour les personnes en passe d’être renvoyées.

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