© Sascha Schuermann/Getty Images
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COP28 Un bilan mitigé et décevant

13 décembre 2023
Dans le cadre de la 28e Conférence annuelle des Parties pour le climat (COP28) des Nations unies, 198 États et leurs délégations se sont réunis aux Émirats arabes unis pour s'attaquer à la menace mondiale que représente la crise climatique. Malgré des négociations supplémentaires, les chef·fe·x·s d'États et de gouvernements ne sont pas parvenu·e·x·s à exiger un abandon clair des combustibles fossiles dans le document final, afin d'atteindre les objectifs climatiques.

Lors de la COP21 à Paris en 2015, les États ont convenu de tenter de limiter le réchauffement climatique mondial au cours de ce siècle à 1,5 °C au-dessus des niveaux de l’ère préindustrielle, afin de parer aux pires effets du changement climatique. Nous sommes déjà à environ 1,4 °C et le climat à l’échelle mondiale est parti pour augmenter jusqu’à 2,8 °C d’ici 2100, selon le GIEC (comité consultatif en science du climat). Les conséquences seront catastrophiques pour des milliards de personnes et les écosystèmes.

« L’inaction, au moment où notre planète se réchauffe à un rythme sans précédent et où les droits de milliards de personnes sont menacés, n’est pas une option », a déclaré Agnès Callamard, Secrétaire générale d’Amnesty International. « Les dirigeant·e·x·s de la COP28 doivent défier les lobbyistes de l’industrie fossile et changer de cap face à une catastrophe climatique et des droits humains qui s’aggrave. Afin d’éviter ce désastre, le seul moyen consiste à ce que les États présents à la COP28 s’accordent pour cesser rapidement de produire et d’utiliser des combustibles fossiles, aider les plus touché·e·x·s par le changement climatique face aux pertes et dommages subis, et accélérer une transition juste vers les énergies renouvelables ».

Les craintes d'Amnesty International de voir les représentant·e·x·s de l'industrie des combustibles fossiles empêcher toute avancée significative lors de la COP28 étaient fondées. En particulier, le rôle du président du Sommet, Sultan Al Jaber, constituait un conflit d'intérêts majeur et sapait la crédibilité de la conférence sur le climat : Sultan Al Jaber n'est pas seulement Ministre de l'Industrie et des Nouvelles technologies, il dirige également la compagnie gazière et pétrolière nationale des Émirats arabes unis ADNOC.

On est en droit d’attendre des gouvernements qu'ils s'engagent à prendre des mesures significatives pour protéger nos droits humains et le climat. Au lieu de ça, ils développent des stratégies mal conçues qui protègent les profits d’une minorité, qui tire le plus d’avantages de l'industrie des combustibles fossiles. Continuer d’exploiter le pétrole, le gaz fossile ou le charbon augmentera la température de notre planète déjà en surchauffe, causant des catastrophes et prolongeant les souffrances. Toutes les ressources en combustibles fossiles actuellement inexploitées doivent rester enfouies dans le sol pour toujours.

Événements climatiques extrêmes, pertes et dommages

2023 sera de loin l'année la plus chaude jamais enregistrée. Les dommages causés par le réchauffement climatique sont de plus en plus évidents : ils entraînent une augmentation de la fréquence et de la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes ainsi qu'une intensification des événements à évolution lente tels que les sécheresses, la désertification et l'élévation du niveau de la mer.

Lors de la COP de l'année dernière, il a été décidé de mettre en place un Fonds pour les pertes et dommages : il doit profiter à celles et ceux qui doivent supporter la majeure partie des conséquences du changement climatique. Lors de la COP de cette année, les premières promesses de contribution au Fonds ont été faites, mais elles sont loin de répondre aux besoins réels - et la Suisse ne versera pas un seul centime. Le Fonds sera hébergé par la Banque mondiale.

« Nous demandons instamment à la Banque mondiale de préciser si elle peut s’engager à respecter les garanties récemment décidées, car tous les pays en développement et toutes les communautés touchées doivent avoir accès à ce fonds, ce que les conditions habituelles, plus restrictives, de la Banque mondiale ne permettraient pas. Nous demandons également que les pays industrialisés qui portent la plus grande responsabilité en matière d’émissions, ainsi que d’autres pays, notamment les producteurs à revenu élevé d’énergies fossiles, allouent rapidement les financements requis pour que le Fonds pour les pertes et dommages puisse commencer à aider celles et ceux qui en ont grand besoin », a déclaré Agnès Callamard. 

Contexte

La COP28 s'est tenue du 30 novembre au 12 décembre à Dubaï et réunit plus de 190 États et parties pour s'attaquer à la crise climatique. Amnesty International a publié une déclaration officielle sur la COP28. Agnès Callamard a participé à la COP28 du 1er au 6 décembre au sein d'une délégation d'Amnesty International.