Une femme passe devant l'entrée d'un centre de vaccination fermé en raison d'une rupture de stock du vaccin contre le coronavirus Covid-19, à Mumbai, en Inde, le 9 juillet 2021.© PUNIT PARANJPE/AFP via Getty Images
Une femme passe devant l'entrée d'un centre de vaccination fermé en raison d'une rupture de stock du vaccin contre le coronavirus Covid-19, à Mumbai, en Inde, le 9 juillet 2021. © PUNIT PARANJPE/AFP via Getty Images

Coronavirus et droits humains États et groupes pharmaceutiques ont tourné le dos à leurs responsabilités

13 septembre 2021
Dans la lutte contre le COVID-19, les États et les entreprises pharmaceutiques continuent à manquer à leurs obligations et à leurs responsabilités en matière de droits humains, a déclaré Amnesty International, à l’approche de la 48e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, qui se tiendra du 13 septembre au 8 octobre 2021.

Agnès Callamard, la secrétaire générale d’Amnesty International, a déclaré :

«Au cours de cette pandémie, nous avons constaté à maintes reprises que les États et les entreprises pharmaceutiques tournaient le dos à leurs obligations et à leurs responsabilités en matière de droits humains dans la lutte contre le COVID-19. Aux ravages provoqués par le virus lui-même est venue s’ajouter cette terrible réalité : aujourd'hui, les marges de profit et les intérêts nationaux priment sur le plus fondamental de nos droits – le droit à la vie.

«Alors que le variant Delta fait rage et que les cas se multiplient, des milliards de personnes dans les pays à faible revenu n’ont toujours pas accès à la vaccination, et des dizaines de milliers de personnes succombent chaque semaine à cette maladie cruelle. À l’opposé, les pays les plus riches vaccinent les enfants et prévoient de vastes campagnes de rappels de vaccination pour l’ensemble de leur population.

«Il faut cesser de considérer que certaines vies ont plus de valeur que d’autres, et veiller à ce que les vaccins contre le COVID-19 soient mis à la disposition de tous et toutes, en particulier dans les pays à revenu faible et très faible, où l’accès à la vaccination est limité.» Agnès Callamard, la secrétaire générale d’Amnesty International

«Combien devrons-nous voir d’hôpitaux saturés ou de patients au bord de l’asphyxie, manquant désespérément d’oxygène, au Népal, en Inde et dans certaines régions d'Afrique et d’Amérique latine, avant de décider que cela suffit ? Il faut cesser de considérer que certaines vies ont plus de valeur que d’autres, et veiller à ce que les vaccins contre le COVID-19 soient mis à la disposition de tous et toutes, en particulier dans les pays à revenu faible et très faible, où l’accès à la vaccination est limité.

«Les États riches ont pour obligation, en matière de droits humains, de redistribuer sans délai les doses qu’ils auraient en surplus, et les groupes pharmaceutiques, pour leur part, doivent approvisionner en priorité les pays qui en ont le plus besoin, et partager leurs technologies et leur savoir-faire afin de permettre la mise en place de solides capacités de fabrication au niveau régional. L’Histoire jugera ceux qui n’ont pas fait passer la vie en premier. Tout comme les autres intervenants, Amnesty International est déterminée à demander des comptes aux États et aux entreprises.»