8 mars, journée internationale des femmes Egypte: les femmes grandes perdantes du printemps arabe?

Des milliers de femmes d’Afrique du Nord et du Moyen Orient sont descendues dans la rue ces dernières semaines. En Egypte en particulier, elles se sont battues pour plus de libertés et pour la fin de la répression. Malgré cela, les femmes et leurs problèmes spécifiques ont disparu des écrans de télévision. A l’occasion du 100 e anniversaire de la journée internationale des femmes, Amnesty International souhaite donner la parole aux femmes égyptiennes. L’organisation luttant pour les droits humains demande également à la Suisse de s’engager en leur faveur.

Il y a 100 ans, plus d’un million de femmes descendaient dans les rues de toute l’Europe pour exiger l’égalité de traitement et la fin de la discrimination L’accès au travail, le droit de vote et la participation à l’élaboration du futur politique de leurs pays figuraient parmi leurs revendications les plus importantes. Ce fut la première journée internationale de la femme.

Le mois dernier, des milliers de femmes sont descendues dans la rue au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. En Égypte en particulier, elles se sont jointes aux hommes pour exiger la fin de la répression et l’adoption de réformes fondamentales. Elles ont de bonnes raisons pour le faire puisque, au cours des dernières décennies, elles ont non seulement subi la répression étatique mais elles ont en plus souffert de lois discriminatoires et d’une inégalité entre les sexes profondément enracinée dans les esprits.

Ces femmes ont déjà disparu des écrans de télévision et, par conséquence, de notre champ de vision. C’est ainsi qu’en Egypte, la Commission nationale mise en place pour rédiger une nouvelle constitution est exclusivement composée d’hommes. «La mise à l’écart des femmes depuis la fin des manifestations est inacceptable», a déclaré Stella Jegher, responsable de questions de genre et membre de la direction de la Section suisse d’Amnesty International. «Il est temps que les femmes se voient accorder les mêmes droits que les hommes, par exemple par rapport au mariage, à la famille ou encore à la participation aux procédures électorales. Il manque également des lois spécifiques qui puissent assurer aux femmes une protection efficace contre la violence.»

Amnesty International exige que les femmes soient partie prenante à la mise en place du futur de leur pays. «Cela signifie qu’elles doivent pouvoir dès aujourd’hui s’asseoir à la table de négociations, avant que les hommes ne décident une fois de plus de leur avenir», a ajouté Stella Jegher. «La Suisse doit également s’engager en leur faveur. Notre pays a toujours placé les droits des femmes dans les priorités de sa politique étrangère, il doit maintenant faire en sorte que le changement devienne une réalité pour les femmes également et s’assurer que leurs intérêts ne soient pas, une fois de plus, laissés pour compte.»

Informations complémentaires:

Dans un «Agenda pour le changement» pour l’Egypte, Amnesty International estime que les points suivants sont les plus importants en ce qui concerne les droits des femmes:

Protection contre la violence domestique

Mise en place d’une loi sur la violence domestique qui offre aux femmes une protection contre la violence et le harcèlement sexuel y compris pour les couples mariés.

Participation au processus électoral

Les recommandations du Comité des Nations unies pour l’élimination des discriminations à l’égard des femmes demandent que les mesures nécessaires soient prises en Egypte pour assurer la participation des femmes à toutes les phases du processus électoral.

Réforme du droit de la famille et du droit du mariage

Une révision en profondeur de la législation sur la famille est absolument nécessaire pour garantir que femmes et hommes possèdent les mêmes droits en relation avec la conclusion du mariage, le divorce, la garde des enfants et les droits de succession. Ce nouveau droit devra être compatible avec la Convention des Nations unies pour l’élimination de toute discrimination à l’égard des femmes.

Dépénalisation de l’interruption de grossesse dans les cas de viols, d’inceste ou de mise en danger grave de la santé

Il est nécessaire de modifier les articles 260 à 264 du Code pénal égyptien, de manière à ce que les femmes et les jeunes filles puisent interrompre légalement une grossesse lorsqu’elle est le résultat d’un viol, d’un inceste ou lorsqu’elle met gravement en danger la santé de la mère

Il faut enfin modifier la Loi n° 126 de 2008 afin d'interdire les mutilations génitales féminines dans tous les cas.

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Communiqué de presse publié le 7 mars 2011, Berne.
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