Congo Soutenir et protéger les défenseures des droits humains

En République démocratique du Congo (RDC), et particulièrement dans les provinces de l'est où sévit depuis près de vingt ans un conflit armé, les femmes défenseures des droits humains apportent une assistance continue remarquable aux victimes d’atteintes aux droits humains. Du fait de ce travail, elles s'attirent des menaces motivées autant par une opposition à la défense des droits humains que par des questions de genre.

Les militantes qui dénoncent les atteintes aux droits humains commises par des acteurs gouvernementaux ou non gouvernementaux et aident des victimes dans une zone militarisée comme le Nord-Kivu s'exposent à des mesures d'intimidation, à des menaces de mort, à des visites nocturnes, à la détention ou à une disparition forcée.

Lorsqu'elles s'expriment publiquement contre des représentants du gouvernement et des groupes armés, elles enfreignent également les normes culturelles, qui veulent traditionnellement que les femmes ne s'expriment pas en public ou ne critiquent pas les responsables politiques et militaires.

L’État impuissant

L'effondrement de l'autorité de l'État et des services publics, conjugué à la fréquence des violences sexuelles perpétréês par les groupes armés et les militaires, instaure un climat d'insécurité touchant les femmes de manière générale, et un climat de terreur chez celles qui dénoncent les cas de violence sexuelle.

Une défenseure des droits humains de Bweremana a expliqué que des membres de l'armée congolaise étaient venus dans son bureau début mars 2013 et l'avaient menacée de la tuer si elle continuait à dénoncer les viols et violences sexuelles commis par des membres de l'armée nationale.

Plusieurs femmes défenseures des droits humains ont elles-mêmes été menacées de viol et de violences sexuelles parce qu'elles aident des victimes des violences sexuelles, ce qui est pourtant leur travail.

Les efforts de l’ONU et d’Amnesty

Dans l'est de la RDC, les femmes défenseures des droits humains ne disposent généralement pas des réseaux appropriés. Elles doivent faire face au manque d'instruction et de formation aux méthodes appropriées et elles sont continuellement confrontées aux normes culturelles, qui écartent traditionnellement les femmes de la politique.

Ces militantes ne sont pas près de bénéficier des mécanismes de protection adéquats instaurés par une police et une justice fiables, ni d'un environnement favorable. À l'Assemblée générale des Nations unies de septembre 2013, 133 États ont soutenu une déclaration d'engagement à mettre un terme à la violence sexuelle perpétrée pendant les conflits, visant à «protéger les efforts des organisations de la société civile, notamment les groupes de femmes et les défenseurs des droits humains».

Amnesty International s'efforce de sensibiliser les membres du gouvernement congolais et les représentations diplomatiques en RDC au rôle important que jouent les femmes défenseures des droits humains, notamment dans les zones en proie à un conflit armé où les mauvais traitements infligés aux femmes sont très nombreux.

Action de lettres - agissez!

Les militants d'Amnesty International ont une occasion unique d'envoyer une lettre à la ministre Geneviève Inagosi Kasongo, responsable du Ministère du Genre, de la Famille et de l'Enfant de la République Démocratique du Congo, à Kinshasa. Exigez que des poursuites judiciaires des responsables de la violence sexuelle généralisée qui a eu lieu fin novembre 2012 à Minova soient menées, qu’elle renforce son engagement envers les femmes défenseures des droits humains et qu’elle s’assure que toutes les initiatives étatiques qui pourraient soutenir les défenseurs des droits humains soient mises en œuvre à travers toute la RDC.

Modèle de lettre téléchargeable ici