Blog depuis la Commission de la condition de la femme des Nations Unies Du jargon aux objectifs du développement

13 mars 2014
Du 10 au 21 mars 2014, la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (Commission on the Status of Women, CSW) se réunit pour la 58ème fois à New York. Cette rencontre a pour but d’analyser les acquis et les défis de l’agenda global du développement.

Les droits sexuels et reproductifs représentent l’un des thèmes prioritaires et controversés discutés par cette commission: pour certain·e·s participant·e·s, le respect, la protection et la réalisation de ces droits sont des conditions essentielles à l’accomplissement de l’égalité des sexes et du développement durable. D’autres, en revanche, les voient d’un mauvais œil et les considèrent comme un cheval de Troie, qui permettraient à de nombreuses femmes lesbiennes, transsexuelles et travailleuses du sexe de sortir au grand jour.

Gita Sen, experte indienne en droits des femmes et lobbyiste connue, déplore, lors du premier jour de la Conférence, que les droits sexuels et reproductifs fassent partie d’un jargon très connoté. Ces droits sont utilisés pour parler de tout et de n’importe quoi et beaucoup de peurs y sont liées. Pourtant, ils désignent quelque chose de très simple: le fait que les perspectives d’avenir d’une femme ne doivent pas dépendre de ce que les autres décident sur son corps.

Pourquoi la grand-mère de Gita Sen n’est pas devenue Secrétaire générale de l’ONU?

Ce qu’elle voulait dire par ces mots, Gita Sen l’a illustré en prenant l’exemple de sa grand-mère : «Elle aurait pu arriver loin dans la vie, car elle était intelligente et brillante. Peut-être qu’elle serait devenue ministre ou même Secrétaire générale de l’ONU. Pourtant son destin s’est joué lorsqu’elle a dû se marier, à 9 ans.»

Barbara de Jamaïque raconte elle aussi une histoire lors de la discussion sur les femmes, les filles et le HIV/Sida. Elle parle des jeunes filles dont les mères meurent du Sida et qui doivent s’occuper elles-mêmes de leur survie. La seule chose qui leur rapporte assez d’argent, c’est leur propre corps. Or, cette stratégie de survie se termine souvent par la mort: elles s’infectent et meurent à leur tour du Sida.

Perspectives pour les filles – Gain pour l’humanité

Soutenir les filles et les femmes pour qu’elles puissent choisir elles-mêmes leurs relations sexuelles. Leur remettre en mains propres les instruments dont elles ont besoin pour agir. Leur donner la possibilité de dire non. Leur ouvrir la perspective de gérer leur vie. Améliorer l’accès aux moyens de contraception, à l’information et aux services de conseils. Quelles raisons per-tinentes peuvent aujourd’hui encore exister pour refuser aux filles et aux femmes ces droits humains élémentaires? Qu’est-ce qui pourrait empêcher la communauté internationale de les inscrire dans le futur agenda pour un développement durable?