© Amnesty International
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Campagne droits des femmes Mettre un terme aux violences sexuelles

4 mars 2019
L’an dernier, un important traité est entrée en vigueur en Suisse: la Convention d’Istanbul qui lutte contre les violences faites aux femmes. Cela a ouvert un immense chantier de réformes dans le domaine de la justice, de l’éducation et des politiques publiques. Amnesty Suisse a décidé de saisir cette opportunité pour lancer une grande campagne à ce sujet.

En 2017, la Suisse ratifiait la Convention  d’Istanbul, un traité fondamental pour lutter contre les violences faites aux femmes. La Convention est entrée en vigueur en Suisse en avril 2018. Le texte contraint les États parties à s’attaquer aux origines des violences basées sur le genre. Deux articles attirent l’attention: l’un demande aux États de définir le viol comme un rapport non-consensuel et l’autre exige qu’ils prennent les mesures  nécessaires  pour lutter contre le harcèlement sexuel. En Europe, les chiffres sont alarmants: une femme sur dix affirme avoir subi des violences sexuelles.

Si l’adhésion de la Suisse à cette convention est réjouissante, notre pays doit désormais faire face à un immense chantier. En effet, dans le Code pénal suisse, la notion de «viol» reste très restreinte et n’implique aucune notion de consentement. Il n’existe pas non plus de statistiques nationales sur la problématique du harcèlement sexuel. Les associations d’aide aux victimes de violences sexuelles dénoncent des lacunes au niveau judiciaire, politique, ainsi que dans le domaine de la santé et de l’éducation. Les idées préconçues sont légion dans tous les milieux, de la rue aux tribunaux en passant par les écoles et le Parlement. Les violences sexuelles en Suisse représentent encore un immense tabou.

Campagne d'Amnesty en 2019

Afin de rompre l’omerta et de mettre en place les réformes nécessaires, Amnesty International lance une grande campagne de sensibilisation et de plaidoyer contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux filles. Celle-ci sera lancée le 5 mai prochain lors de la Conférence annuelle de la Section suisse.

Bien sûr, toute personne, quelque soit son genre ou son orientation ou identité sexuelle, peut être victime de violences sexuelles. Néanmoins, les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnelle par ce fléau. La violence contre les femmes nous concerne, nous pouvons toutes et tous faire partie de la solution.