Manifestation pour la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse en Argentine. © AI / Demian Marchi
Manifestation pour la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse en Argentine. © AI / Demian Marchi

Interruption volontaire de grossesse

Août 2018
Toutes les femmes et toutes les filles ont le droit de décider si elles veulent avoir des enfants et quand, ainsi que de l'espacement des grossesses. Toutefois, certains pays continuent de mener des politiques visant à criminaliser l'avortement et à en restreindre l'accès. Cela a de lourdes conséquences sur les droits humains.

Les avortements réalisés dans de mauvaises conditions restent l'une des principales causes de décès chez les femmes dans le monde, avec environ 25 millions de grossesses interrompues par an.

Amnesty International appelle tous les États non seulement à dépénaliser l'avortement, mais aussi à garantir l'accès à des avortements sûrs et légaux. Les droits de toutes les femmes, filles et personnes susceptibles de devenir enceintes doivent être pleinement respectés.

L'interruption de grossesse doit pouvoir être sûre, accessible et réalisée de manière non discriminatoire. La dépénalisation en tant que première étape signifie que ni la femme dont la grossesse a été interrompue, ni la personne qui a subi l'avortement ne seront poursuivies. Les mesures préventives sont également importantes: chaque fille et chaque femme doit avoir accès à l'information sur la sexualité et les méthodes de contraception.

Évolution des positions sur l'avortement

La position actuelle d'Amnesty International sur l'avortement a été adoptée par les représentant·e·s des sections nationales lors d'une réunion mondiale à Varsovie en juillet 2018. Elle remplace la précédente politique d'Amnesty International sur l'avortement, adoptée en 2007, qui demandait la dépénalisation de l'avortement et l'accès à l'avortement dans certains cas.

En 2013/14, la Suisse a eu un débat sur l'initiative «financer l'avortement est une affaire privée» (vote de février 2014). La position d'Amnesty International à ce sujet peut être lue ici: «L’initiative sur le financement de l'IVG menace les droits fondamentaux».

Au cours du premier semestre 2018, les Polonais sont descendus dans la rue contre un projet de loi encore plus restrictif, les Irlandais ont voté à une écrasante majorité le 25 mai pour lever l'interdiction de l'avortement, et Teodora del Carmen Vásquez, au Salvador, a été libérée de prison le 15 mai, après avoir passé dix ans en prison pour avoir accouché d’un enfant mort-né. En Argentine, le 14 juin, le Parlement a voté pour la légalisation des avortements (information en anglais) – la décision du Sénat suivra le 8 août 2018 et la mobilisation se poursuivra dans les rues argentines.

La légalisation de l'avortement demeure l'une des principales préoccupations des mouvements de défense des droits des femmes dans le monde entier, tandis que les groupes conservateurs et les gouvernements cherchent à plusieurs reprises à interdire ou à restreindre l'accès à des avortements sûrs.