Que sont les droits des femmes?

Pourquoi parlons-nous de droits des femmes? Est-ce que les droits des femmes ne sont pas compris dans l’expression «droits humains»? Chaque personne n’a-t-elle pas dès sa naissance les mêmes droits?

En principe oui – mais dans la réalité, malheureusement non. Dans le monde entier, les femmes subissent des violations de leurs droits, parce qu’elles sont femmes. Des femmes au sens biologique, mais surtout au sens social.

En 2010, 60 millions de femmes manquaient dans le monde, parce qu’elles ont été avortées avant leur naissance ou tuées comme bébés. Chaque année, 2 millions de femmes subissent des mutilations génitales. Des milliers de femmes sont violées lors des guerres, parce que des seigneurs de guerre cherchent ainsi à humilier leur ennemi. Une femme sur cinq est menacée, battue ou maltraitée sexuellement par son conjoint, parce qu’il cherche ainsi à démontrer son pouvoir.

Toutes ces violations des droits humains et bien d’autres encore sont liées aux rôles attribués aux femmes dans la société, aux devoirs que l’on attend d’elles, aux exigences posées par leur famille. Et liées au fait que les droits humains dans le «domaine privé» sont encore insuffisamment protégés et que les coupables restent pour la plupart du temps impunis.

«Les droits des femmes sont des droits humains»

Une phrase qui ne s’est malheureusement jamais imposée comme une évidence. Les auteurs de la première Déclaration des droits de l’homme et du citoyen lors de la Révolution française en 1789 ne considéraient que les hommes comme des sujets de droits. La Suisse a pu se présenter durant près de 700 ans comme la plus vieille démocratie au monde, sans pourtant que les femmes y aient le droit de vote. La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, certes, promet à tous les êtres humains qu’ils devraient pouvoir jouir de leurs droits sans discrimination. Mais dans la pratique, le système des droits humains et du droit international a continué à être très largement façonné par des hommes qui n’avaient aucune idée de la réalité vécue par les femmes.

C’est en particulier la séparation entre les espaces «public» et «privé» qui a empêché durant des décennies les femmes de réaliser leurs droits. La responsabilité des Etats s’arrêterait donc aux agissements de ses représentants, et non à la sphère familiale et personnelle, car les violations des droits humains des femmes se produisent surtout dans l’espace «privé». C’est seulement dans les années 80 qu’a commencé une discussion internationale sérieuse sur la responsabilité des Etats quant aux violations commises par des personnes privées. Et c’est seulement après la Conférence mondiale de Vienne sur les droits humains en 1993 que les obligations en relation avec la violence à l’égard des femmes ont été expressément traduites dans les déclarations et conventions internationales.

Au XVIIIe siècle, la défenseuse des droits des femmes et révolutionnaire française Olympe de Gouges a sacrifié sa vie en exigeant dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne l’élargissement de l’espace «privé» et l’égalité pour les femmes dans l’espace «public».

Mais aujourd’hui encore, de nombreuses femmes risquent leur vie dans de nombreux endroits sur cette planète, parce qu’elles s’engagent pour les droits des femmes.

Rapport: La violence contre les femmes au sein de la famille au Mexique (2008)

Rapport: Six points à vérifier pour que les femmes victimes de violence puissent obtenir justice (2010)