© Wikicommons / Julica da Costa Juhu
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Traite des femmes - Non à l'esclavage moderne!

La traite des êtres humains est en pleine expansion dans le monde entier. Les victimes – des femmes, des hommes, des enfants - travaillent dans des conditions misérables dans l’industrie du sexe, dans l’agriculture, en tant qu’employé·e·s de maison ou dans d’autres secteurs informels.
La traite des êtres humains est en pleine expansion dans le monde entier. Les victimes – des femmes, des hommes,des enfants - travaillent dans des conditions misérables dans l’industrie du sexe, dans l’agriculture, en tant qu’employé·e·s de maison ou dans d’autres secteurs informels. Les fausses promesses, le chantage,les menaces et des dettes fictives les rendent dépendant·e·s.

L’ampleur du phénomène est difficile à chiffrer, car ce commerce se déroule la plupart du temps dans l’ombre, par des tractations illégales. L’Organisation internationale du travail estime que plus de 2.5 millions de personnes en sont victimes chaque année, 80% seraient des femmes et des enfants.

«J’essaie de reconstruire ma vie. Mais ce qu’ils m’ont fait m’a changée pour toujours». Danielle, 18 ans, Lituanie

Les coupables restent impunis

Les trafiquant·e·s courent peu de risque: la peur des victimes, le manque de compétences au sein de la police pour déceler la traite des êtres humains, l’absence de volonté politique de reconnaître les migrant·e·s comme victimes et non comme coupables de trafic illégal y contribuent.

Des femmes à la recherche d’une nouvelle vie

La pauvreté et le manque de perspectives dans leur pays d’origine, la charge de la responsabilité de devoir subvenir aux besoins de toute une famille et souvent de fausses représentations de la vie et du travail en Europe de l’Ouest rendent certaines femmes sensibles aux promesses des trafiquant·e·s d’êtres humains. Il s’agit souvent de membres de leur famille ou de connaissances en qui elles ont confiance.
La demande de plus en plus forte en main d’œuvre bon marché, dans une société de service globalisée, particulièrement dans l’industrie du sexe et du travail domestique, alimente ce sordide commerce de femmes.
Les politiques migratoires restrictives de la plupart des pays industrialisés empêchent l’immigration «non qualifiée», ce qui contribue à pousser les migrantes en quête d’un travail dans les filets des trafiquant·e·s et dans l’illégalité.

«Nous étions pour eux moins que des animaux. Achetées, vendues, séquestrées, tout ça sous la contrainte. C’est la peur qui te fait danser, c’est la peur qui te fait coucher avec quelqu’un, c’est la peur qui te fait faire n’importe quoi. C’est la descente de la police qui nous a sauvées. Dieu merci.» Viola, 20 ans, Moldavie.
Sans voix, sans droits

Les victimes de la traite vivent parmi nous, mais ne savent pas où obtenir de l’aide. Ces personnes vivent dans l’ombre, sans droit et souvent sans contact avec le monde extérieur: leurs papiers d’identité sont confisqués, elles ne parlent pas ou très peu la langue du pays. Les menaces et les mauvais traitements finissent par les rendre dociles.
Les victimes courent le risque d’être criminalisées à leur tour: pour séjour illégal, travail illégal, prostitution illégale. Si elles essayent de mettre fin à la contrainte et à l’exploitation, c’est souvent la sanction et l’expulsion qui les attendent, plutôt que la protection et le soutien.
Qui ne témoigne pas ne peut pas rester. En Suisse, comme dans d’autres pays européens, les victimes de la traite ne peuvent bénéficier de la protection de l’Etat que si elles sont prêtes à témoigner, lors de la procédure pénale, contre les coupables. Celles qui n’osent pas témoigner sont expulsées.

La traite des femmes viole les droits humains!

Le droit à la liberté et à la sûreté de sa personne, le droit de ne pas être soumis·e à la torture, ni à des traitements dégradants, le droit à la liberté de mouvement, à la sphère privée et à la vie de famille, le droit de bénéficier de conditions de travail dignes – tous ces droits sont refusés aux victimes de la traite des êtres humains.

La Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains (2005) place la protection et les droits des victimes au premier plan. Amnesty International demande à tous les Etats de ratifier dès que possible cette Convention et de la transposer dans le droit national.

Rapport Népal en anglais: Forced promises, exploitation and forced labour of Nepalese migrant workers (2011)

Campagne en Suisse: Stop à la traite des femmes (2008)