La traite des femmes en Suisse

En Suisse aussi, la traite des femmes existe. Ensemble avec une large coalition d’ONG, la Section suisse d’Amnesty International a mené une campagne en 2008.

La campagne «Euro 08 contre la traite des femmes» a pris fin avec la remise des pétitions, jeudi 11 septembre 2008, aux autorités fédérales et cantonales. 70'000 signatures ont été récoltées durant les six mois de campagne, en faveur d'une meilleure protection pour les victimes de la traite des femmes.

En six mois de campagne, entre mars et août 2008, la coalition «Euro 08 contre la traite des femmes», dont fait partie Amnesty International, a récolté 70'000 signatures. La pétition demande une meilleure protection pour les victimes de la traite des femmes en Suisse.
L’une des revendications, la ratification de la Convention du Conseil de l’Europe contre la traite des femmes, a déjà été acceptée par la Suisse, qui a décidé de signer puis ratifier cette convention dans les années à venir. Toutefois, cette mesure ne suffit pas. La pétition de la coalition demande la mise en place de normes uniformes pour les cantons. En effet, les victimes n’ont pas accès aux mêmes droits ni aux mêmes conseils en fonction du canton dans lequel elles se trouvent.

La protection ne doit pas être une question de chance

«La protection ne doit pas être une question de chance ou malchance; c’est un droit pour chaque victime de cette violation grave des droits humains», souligne Stella Jegher, membre de la direction d’Amnesty International Suisse et membre du comité de la campagne «Euro 08 contre la traite des femmes». Mais la réalité est tout autre en Suisse. L’analyse canton par canton présentée lors de la conférence de presse montre qu’il y a d’énormes différences entre les cantons tant quant à la sensibilisation que sur la protection des victimes.

Le fait qu’une femme soit identifiée comme victime de la traite des femmes dépend à l’heure actuelle avant tout du canton dans lequel elle se retrouve en contact avec les autorités. Un fait ressort nettement: là où les autorités travaillent avec le centre spécialisé sur la traite des femmes et la migration des femmes, le FIZ, davantage de victimes ont été identifiées. Afin que ce droit à être protégée soit ga-ranti dans toute la Suisse, les signataires de la pétition demandent des normes contraignantes pour tous les cantons.

Une avancée encourageante

Le 17 décembre 2012, la Suisse a ratifié la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains, laquelle entrera en vigueur pour la Suisse le 1er avril 2013.

Le Conseil fédéral avait signé la Convention en 2008 et le parlement l’a approuvée fin 2011. Avec la règlementation juridique de la protection extra procédurale des témoins au 1er janvier 2013, la Suisse satisfait à toutes les conditions nécessaires à la mise en œuvre de la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains.

Lire le communiqué de presse publié le 11 septembre 2008, à l’occasion de la remise de la pétition aux autorités fédérales et cantonales.