Conférence de Durban II à Genève Combattre le racisme avec conviction

27 avril 2009
Amnesty International est très déçue par la non-participation d'Etats comme l'Australie, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande et la Pologne. L'organisation regrette également que l'Italie et les Etats-Unis aient confirmé leur première décision de ne pas participer à la Conférence de suivi de Durban à Genève, du 20 au 24 avril 2009.

© UN Photo/Jean-Marc Ferre

Amnesty International considère qu'une réelle volonté de lutter contre le racisme requiert de la part des gouvernements qu'ils s'engagent et défendent leur conviction, tout en rejetant ce qui leur paraît inacceptable.

L'organisation condamne les déclarations faites le lundi 20 avril par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad au sujet d'Israël. Plutôt que de tenir des propos irresponsables qui nuisent à la crédibilité de l'ensemble de la Conférence, le président iranien ferait mieux de mettre un terme à toutes les lois et pratiques discriminatoires en vigueur en Iran.

Après les mots, l’action

Amnesty International salue l’adoption par consensus du Document final de la Conférence d’examen de Durban. C’est un résultat significatif pour la communauté internationale – en dépit des négociations difficiles et des actions qui ont menacé de faire échouer la conférence – que les États soient parvenus à se mettre d’accord pour réaffirmer la Déclaration et le Programme d’Action (DDPA) de Durban et leur engagement à prévenir, combattre et éradiquer le racisme sous toutes ses formes, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée.

Après l’achèvement de la Conférence, le temps est à présent à l’action et à la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’Action de Durban et du Document final. L’adoption de ce document offre l’occasion d’un nouveau départ au niveau national et international pour combattre le racisme. Tous les États doivent à présent renouveler leurs efforts pour mettre en œuvre la DDPA en commençant au niveau national.

Amnesty International encourage fortement les gouvernements qui se sont retirés de la Conférence d’examen ou qui n’y ont pas participé à témoigner de leur engagement à combattre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, notamment en réaffirmant leur engagement envers la Déclaration et le Programme d’action de Durban (DDPA) et leur soutien au Document final.

Amnesty International considère que la possibilité de disposer d’informations objectives sur toutes les formes de racisme, de discrimination et d’intolérance à travers le monde contribuerait à la prise de mesures plus constructives et efficaces en termes de résultat à l’avenir. À cet égard, l’organisation encourage la Haut-Commissaire aux droits de l’homme à maintenir sa proposition d’établir un observatoire des Nations unies sur le racisme. Amnesty International demande instamment aux gouvernements d’accorder à la Haut-Commissaire le soutien nécessaire pour donner effet à sa proposition.

Le Document final appelle le Conseil des droits de l’homme à prendre des mesures pour améliorer l’efficacité des mécanismes de suivi de la Déclaration et du Programme d’action de Durban. Amnesty International demande instamment aux États d’aborder cette tâche en mettant l’accent sur l’action, en évitant les récriminations mutuelles, la politisation et les marchandages politiques qui ont perturbé une grande partie de la conférence et de son processus préparatoire. Le Conseil devra veiller tout particulièrement à identifier les meilleures pratiques et encourager leur adoption.

Amnesty International considère que le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée affaiblissent le principe fondamental de l’universalité des droits humains. C’est une question qui doit continuer à figurer en priorité sur l’agenda international des droits humains. Amnesty International continuera à faire campagne pour que les gouvernements remplissent leurs responsabilités et leurs engagements à combattre le racisme et la discrimination.