Nations unies Élections 2012 au Conseil des droits de l’homme : il faut bannir le deux poids deux mesures

13 novembre 2012
L’Assemblée générale de l’ONU se doit d’élire, pour siéger au Conseil des droits de l’homme, des États membres qui font preuve d’un fervent engagement en faveur des droits humains. Parmi les pays candidats en 2012 figurent l’Éthiopie, la Grèce, la Côte d'Ivoire, le Pakistan et les Émirats arabes unis, les États-Unis et le Venezuela.

Les élections auront lieu à l’Assemblée générale de l’ONU à New York. Les membres du Conseil des droits de l’homme ont l’obligation «d’observer les normes les plus strictes en matière de promotion et de défense des droits de l’homme» ; toutefois, Amnesty International craint que certains candidats ne remplissent pas ce critère.

«Certains candidats commettent des violations flagrantes des droits humains, n’ont pas ratifié les traités fondamentaux relatifs à ces droits et ne coopèrent pas avec les experts concernés des Nations unies», a indiqué Jose Luis Dias, représentant d’Amnesty International auprès de l’ONU à New York.

Une élection sans choix réel

Pour être élus, les candidats ont besoin du soutien de la majorité des membres de l'Assemblée générale. Cependant, sur les cinq groupes régionaux, un seul  - Le groupe des Etats d'Europe et d'Amérique du Nord - devrait donner lieu à une véritable élection pluraliste. Les groupes des États d’Afrique, des États d’Asie, des États d’Europe orientale, et le groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes, ont tous présenté le même nombre de candidats que de sièges à pourvoir.

Aussi les candidats de ces groupes ont-ils pratiquement la garantie de siéger au Conseil, sans que les membres de l’Assemblée générale ne puissent réellement exercer leur choix.

Les Etats candidats doivent démontrer leur engagement pour les droits humains

Amnesty International a adressé des lettres ouvertes à tous les candidats, les invitant à démontrer leur volonté de défendre les droits fondamentaux dans les engagements volontaires qu'ils présentent à l'appui de leur candidature.

L’organisation demande par exemple au gouvernement éthiopien de donner des instructions claires aux services de sécurité, afin qu’ils cessent de harceler les défenseurs locaux des droits humains, et de lever les obstacles qui entravent le travail des défenseurs internationaux des droits humains et des journalistes dans le pays.

Dans la lettre ouverte qu’elle a adressée aux Émirats arabes unis, Amnesty International souligne que le gouvernement s’est engagé à soutenir les victimes de violence au foyer, mais que la Cour suprême a confirmé en 2010 le droit d’un mari de «punir» sa femme et ses enfants sous réserve que le traitement infligé ne laisse pas de traces.

Amnesty International invite également les candidats à coopérer pleinement avec les organes de suivi des traités relatifs aux droits humains. La Côte d'Ivoire, entre autres, n’a pas présenté les rapports requis au Comité des droits de l'homme, au Comité contre la torture ni au Comité des droits économiques, sociaux et culturels depuis plus de 15 ans.

«Pour devenir membre du Conseil des droits de l’homme, les candidats doivent prouver leur engagement indéfectible en faveur de la promotion et la protection des droits humains, et nous espérons qu’ils prêteront une oreille plus qu’attentive à nos recommandations», a conclu Jose Luis Dias. «Les États électeurs doivent voter blanc s’ils estiment qu’un candidat ne remplit pas les critères élevés en termes de droits humains que l’on attend des membres du Conseil».