2014 en revue Contre vents et marées, les droits humains ont tout de même avancé

28 décembre 2014
Ukraine, Ebola, «Etat islamique» – 2014 a été marquée par des crises, des guerres et des conflits. Malgré cela, il y a aussi eu des bonnes nouvelles.

Ne nous leurrons pas: l’année écoulée n’avait rien de rassurant. Au cours des douze derniers mois, l’«Etat islamique» s’est frayé un chemin à travers l'Irak et la Syrie jusqu’aux frontières extérieures de l'Europe à grand renfort de massacres. En Israël et à Gaza, les roquettes sont à nouveau tombées du ciel, tandis qu’Ebola a ravagé l’Afrique de l'ouest. Jamais depuis la Deuxième guerre mondiale, autant de personnes se sont retrouvées sur les routes, à fuir la faim, la violence et la misère. Un quart de siècle après la chute du rideau de fer, le souffle glacé de la guerre froide traverse à nouveau l’Europe d’Est en Ouest.

Dans des moments comme ceux-ci, celui qui s’engage pour les droits humains peut facilement désespérer. Mais si bien des crises, des conflits et des catastrophes ont rempli les manchettes en 2014, il ne faut pas oublier qu'il y a eu aussi quelques bonnes nouvelles. Au cours de ces mêmes douze mois, des millions de personnes se sont engagées contre l’injustice et ont montré leur solidarité. Les exemples qui suivent prouvent qu’elles ne l’ont pas fait en vain.

Une femme enceinte échappe à la mort au Soudan

Son cas avait indigné des gens à travers le monde. Au Soudan, un tribunal islamique avait condamné à mort la jeune médecin Meriam Ibrahim – alors qu’elle était enceinte – parce qu’elle avait refusé de renoncer à la foi chrétienne. Partout dans le monde, les gens ont exprimé leur solidarité avec la jeune femme. Amnesty a recueilli plus d'un million de signatures, qui ont fait effet. En juillet 2014, la Soudanaise de 27 ans a été autorisée à quitter son pays. A sa descente de l’avion, à Rome, elle tenait dans ses bras sa fille de deux mois, Maya. C’est enchaînée dans sa cellule qu’elle avait mis l’enfant au monde.

L'Estonie autorise le «mariage» gay

En octobre 2014, l’Estonie est le premier pays de l’ancien bloc de l’Est à instaurer les partenariats enregistrés pour les couples de même sexe. Alors qu’en Russie voisine, les homosexuel·le·s subissent une pression croissante, l'Estonie envoie un signal différent: la nouvelle loi doit permettre aux gays et lesbiennes d'adopter des enfants. Cette loi entrera en vigueur à partir de 2016, mais d'autres modifications législatives sont encore nécessaires. L'homosexualité est encore un sujet tabou en Estonie, tout comme dans les autres pays de l'ex-URSS.

Un chef de guerre congolais condamné à La Haye

Le crime est déjà prescrit depuis longtemps, mais les victimes ne l’oublieront jamais. Il y a onze ans, les rebelles ont attaqué le village de Bogoro dans l'est de la République démocratique du Congo. Les combattants ont massacré à coups de machettes plus de deux-cent personnes sans défense, dont de nombreux enfants. Aujourd’hui, l'un des cerveaux du massacre doit rendre des comptes. En mai 2014, la Cour pénale internationale de La Haye a condamné Romain Katanga à douze ans de prison. Au cours d’un procès qui aura duré quatre ans et demi, plus de 350 victimes ont témoigné contre l'accusé. Katanga n’est que le deuxième accusé qui a été condamné par la Cour pénale internationale.

Des autochtones paraguayens récupèrent leurs terres

Une grande victoire pour une petite minorité. Il y a vingt ans, les Sawhoyamaxas ont été expulsés de leurs terres. Aujourd’hui, cette communauté autochtone est autorisée à reprendre possession de ses terres ancestrales. Le parlement paraguayen a adopté une loi en juillet 2014 sur la restitution de plus de 14 000 hectares aux peuples autochtones. Le propriétaire actuel sera dédommagé.

Un caricaturiste tunisien libéré

Il avait été condamné à une peine exemplaire: sept ans et demi de réclusion pour avoir posté sur Facebook une caricature du prophète Mahomet nu. Sous l’impulsion d’Amnesty International, des militant·e·s du monde entier ont envoyé des milliers de fax, lettres et e-mails aux autorités tunisiennes pour demander la libération de Jabeur Mejri. Le 5 mars 2014, deux ans après son arrestation, il a été gracié par le président et autorisé à quitter la prison.

La victoire tardive du japonais Iwao Hakamada

Le boxeur japonais Iwao Hakamada détient un record important. Mais ce n’est pas celui auquel on pourrait s’attendre. Il est celui qui a passé le plus de temps dans le couloir de la mort. Il a été accusé d’avoir tué une famille entière en 1966. Aujourd’hui pourtant, il apparaît qu’il est innocent du crime pour lequel il avait été accusé: de nouveaux tests ADN le lavent de tout soupçon. Le tribunal d’arrondissement de Shizuoka a décidé d’ouvrir un nouveau procès en mars 2014, car les enquêteurs auraient bâclé leur travail en 1968. Iwao Hakamada a été autorisé à quitter sa cellule le même jour.

Dans tous ces cas, Amnesty International a contribué à ce que justice soit faite.