«Blood Diamond»

2007
De janvier à mars 2007, le public a pu découvrir le film «Diamant de sang» (Blood diamond) dans les cinémas suisses. Ce film montre comment le commerce illégal de diamants a financé la guerre civile en Sierra Leone dans les années nonante et décrit la tragédie vécue par les enfants-soldat·e·s dans de tels conflits.

«Blood Diamonds» © Warner Bros

Ces diamants qui financent les guerres civiles sont appelés «diamants de sang» ou «diamants de la guerre». Amnesty International s’engage depuis plusieurs années pour faire cesser le commerce des «diamants de la guerre». Ce film offrait à Amnesty une opportunité unique d’attirer l’attention des consommateurs et consommatrices sur ce problème.

A propos du film

La trame du film «Blood Diamond» se joue sur fond de guerre civile dans la Sierra Leone des années nonante. Leonardo di Caprio alias Danny Archer joue le rôle d’un mercenaire sud-africain qui s’est spécialisé dans la vente de «diamants de sang». Il rencontre un jour un pêcheur, Solomon Vandy (Djimon Hounsou), dont le fils a été enrôlé de force par le RUF (Front révolutionnaire uni)  comme enfant-soldat. Ils décident de partir ensemble à la recherche d’un diamant rare, que Solomon avait caché lorsqu’il avait été contraint de travailler pour le RUF dans l’exploitation alluviale de diamants.

Avec l’aide de la journaliste américaine Maddy Bowen (Jennifer Connelly), dont l’idéalisme est tempéré au cours du film par son rapprochement avec Danny Archer, les deux hommes s’embarquent pour un périple à travers les territoires rebelles. Pour Vandy et Archer, ce voyage est bien plus que la simple quête d’un diamant rare: il pourrait sauver la famille de Vandy et offrir à Archer la seconde chance qu’il n’aurait jamais imaginé avoir.

Diamants de la guerre et enfants-soldat·e·s

L’histoire de Vandy et Archer est une fiction. Mais le fait que les groupes rebelles sierra léonais ont financé leurs achats d’armes par la vente illégale de diamants est une triste réalité. En Angola, au Libéria, en Sierra Leone et en République démocratique du Congo, les diamants ont financé des guerres qui ont fait près de quatre millions de victimes.

Aujourd’hui encore, des diamants financent des conflits en Afrique. Un rapport publié récemment par les Nations unies montre qu’en Côte d’Ivoire, la contrebande de «diamants de la guerre», d’une valeur de 23 millions de dollars, infiltre le commerce légal de diamants.

Dans ces combats, les enfants-soldat·e·s ont joué, et jouent encore, un rôle-clé. En Sierra Leone, plus de 5'000 enfants âgés entre cinq et huit ans ont dû combattre dans les armées rebelles ou dans les troupes gouvernementales. En RDC, ils étaient 30'000. Depuis 2003, 19’000 enfants et jeunes ont été démobilisés grâce au «Programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion» (DDR), selon les estimations du gouvernement local. Malgré ce développement positif, plus de 11’000 enfants-soldat·e·s se trouveraient encore dans les rangs des forces armées, si l’on en croit ces statistiques. En réalité, ce chiffre est vraisemblablement trop bas.

L’enrôlement forcé des enfants-soldat·e·s ne concerne pas seulement l’Afrique: à l’échelle mondiale, on estime que près de 300'000 enfants-soldat·e·s ont été contraints de combattre pour les rebelles ou les forces gouvernementales.

Plus d'informations sur la problématique des enfants-soldat·e·s

Ce que vous pouvez faire

En tant que consommateur ou consommatrice, vous pouvez contribuer à ce que les diamants ne financent plus de conflits sanglants. Lorsque vous achetez un bijou, posez les questions suivantes au vendeur ou à la vendeuse:

  • Comment puis-je être sûr·e que vos bijoux ne contiennent pas de «diamants de la guerre»?
  • Connaissez-vous la provenance des diamants que vous vendez?
  • Puis-je avoir une copie de votre politique au sujet des «diamants de la guerre»?
  • Pouvez-vous me montrer une garantie écrite de votre fournisseur qui stipule que vos diamants ne sont pas des «diamants de la guerre»?

Les réponses vous renseigneront sur la bonne volonté des négociants à empêcher le trafic de «diamants de la guerre». Si vos interlocuteurs et interlocutrices manifestent des réticences à vous répondre ou ne comprennent pas le problème, adressez-vous à un autre magasin en indiquant les raisons de votre choix. Montrez clairement que vous, consommateurs et consommatrices, désirez acheter uniquement des diamants exempts de conflit.