Journée mondiale de l'habitat des Nations unies Le sort du milliard de personnes vivant dans des bidonvilles ne peut être ignoré

4 octobre 2010
Les gouvernements ne peuvent pas célébrer la Journée mondiale de l'habitat des Nations unies le 4 octobre sans tenir compte du sort du milliard de personnes qui vivent dans des bidonvilles, a déclaré Amnesty International ce vendredi 1er octobre 2010.


«Il y a deux semaines, à New York, les gouvernements se sont engagés à aider 100 millions d’habitants des bidonvilles. Le problème est qu’ils sont plus d’un milliard à vivre dans des bidonvilles, sans eau, sans écoles, sans assainissement et sans soins médicaux», a déclaré Widney Brown, directrice générale chargée du droit international et de la stratégie politique à Amnesty International.

Les vagues d’expulsions forcées se multiplient dans les bidonvilles à travers le monde, avec des Roms expulsés en Europe, des bidonvilles rasés à New Delhi pour faire place nette à l’occasion des jeux du Commonwealth, et plus de 200 000 personnes menacées d’expulsion forcée à Port-Harcourt, au Nigeria.

Le récent sommet sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) n’a pas appelé les gouvernements à mettre un terme aux expulsions forcées, malgré les preuves que ces expulsions plongent les gens encore plus profondément dans la pauvreté et portent atteinte à l’ensemble des OMD. Au contraire, ce sommet a demandé aux gouvernements de « réduire la population vivant dans des bidonvilles », et il est à craindre que cela ne les encourage à procéder à de nouvelles expulsions forcées.

«De la France au Zimbabwe en passant par le Cambodge, nous avons recueilli des informations sur la manière dont les gouvernements détruisent les logements de certains des plus pauvres de leur pays. Ceux dont les habitations sont détruites sont privés de leurs droits juridiques, n’obtiennent aucun dédommagement et se retrouvent sans nulle part où aller», a déploré Widney Brown.

«Il est temps que les dirigeants mondiaux aillent au-delà des beaux discours que nous avons entendus à New York et prennent de toute urgence des mesures pour protéger les droits des personnes qui vivent dans des bidonvilles.»