Expulsions forcées en Egypte. © Neveen Shalaby
Expulsions forcées en Egypte. © Neveen Shalaby

Egypte Des milliers de familles vivent dans des zones dangereuses

21 octobre 2011
En Égypte, des milliers de familles vivant dans des quartiers informels qualifiés officiellement de «zones dangereuses» en raison, notamment, de risques de chute de pierre, d’inondation et d’incendie continuent à subir des expulsions forcées.

Les habitants de ces «zones dangereuses» ne sont pas consultés au sujet des projets élaborés par les gouvernorats en coopération avec la Facilité de réaménagement des quartiers informels (ISDF) – fonds qui coordonne les efforts gouvernementaux dans ce domaine. Aucune solution autre que l’expulsion ne leur est proposée, ils ne sont pas avertis comme il se doit de la date de l’opération et ne disposent d’aucun moyen juridique pour s’y opposer.

En juillet 2011, alors que les intéressés n’avaient été prévenus que la veille, les forcées armées ont démoli les habitations de plus de 200 familles dans le quartier informel de Zerzara, à Port Saïd, dans le nord du pays. Quelque 70 familles se sont retrouvées sans abri. Les familles restantes se sont vu proposer un nouveau logement en périphérie de la ville. Cette opération s’inscrivait dans le cadre d’un projet de l’ISDF visant à commencer la construction de 68 immeubles pour reloger sur place les habitants de Zerzara dans les huit mois. Quelque 1 500 familles habitent toujours dans des cabanes; elles sont privées d’eau saine et d’installations sanitaires depuis plus de 20 ans, sans savoir si leur déménagement aura lieu. Elles vivent aussi sous la menace d’une expulsion forcée.

Depuis que le Conseil suprême des forces armées est arrivé au pouvoir en février 2011, les expulsions forcées effectuées par l’armée se sont multipliées, l’occupation illégale de logements gouvernementaux vacants s’étant généralisée au lendemain de la «Révolution du 25 janvier».

En juillet 2011, environ 200 familles ont été expulsées de force des habitations du projet Suzanne Mubarak, qu’elles squattaient dans le quartier rénové d’Al Duwayqa, au Caire. La plupart d’entre elles se sont retrouvées sans abri. Les personnes considérées comme des meneurs ont été arrêtées avant la vague d’expulsions et traduits devant des tribunaux militaires pour possession d’armes.

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