Objectifs du millénaire Pas de développement sans droits humains

13 avril 2013
Les dirigeants mondiaux doivent rejeter le modèle de développement se fondant sur l’aide humanitaire et poursuivre plutôt une démarche plaçant les droits humains et la justice au cœur du processus. C’est la recommendation de 18 organisations non gouvernementales, alors qu’un groupe d’experts de haut niveau doit remettre aux Nations unies un rapport sur le futur du développement durable.

Amnesty International, le Centre pour les droits économiques et sociaux, l’Association pour les droits de la femme et le développement, et 15 autres organisations du monde entier lancent cet appel alors qu’un groupe d’experts de haut niveau s’apprêtent à remettre un rapport au secrétaire général des Nations unies à la fin mai. Ce document jettera les bases d'un plan d’action en prévision de l’expiration des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), en 2015.

Tout nouveau modèle doit garantir que les citoyens aient leur mot à dire et puissent demander des comptes à leur gouvernement et à d'autres entités lorsque les droits humains sont bafoués. «Le programme de travail au-delà de 2015 doit reconnaître que les personnes qui se trouvent aux prises avec la pauvreté et les privations sont des détenteurs de droits, pas les cibles de projets de développement. Et il doit s’attacher à éradiquer les obstacles structurels qui maintiennent les gens dans la pauvreté, au niveau national et mondial», a souligné Ignacio Saiz, directeur exécutif du Centre pour les droits économiques et sociaux.

L’ensemble des acteurs nationaux et internationaux doivent faire front

S’il est prévu que le programme de développement soit principalement mis en œuvre par les États, de vrais mécanismes d’obligation de rendre des comptes, dont le fonctionnement serait contrôlé par des citoyens, seront requis afin d’assurer que d’autres acteurs – notamment les institutions internationales et le secteur privé – adhèrent aux normes relatives aux droits humains. La moindre des choses serait de garantir que le secteur privé ne cause de torts à personne lors de la mise en œuvre des projets de développement. Une meilleure coopération entre les institutions au niveau national et international doit former la base d’un partenariat mondial visant à lutter contre les causes structurelles de la pauvreté, des inégalités et de la destruction de l’environnement.

Les soulèvements populaires observés récemment à travers le monde ont montré qu’il est essentiel que les gouvernements reconnaissent que les deux catégories majeures de droits humains - les droits civils et politiques d'une part, et les droits économiques, sociaux et culturels d'autre part - sont indivisibles et interdépendantes, ont poursuivi les organisations.

Cette fois-ci, les nouveaux buts et objectifs devront s’inspirer des normes existantes relatives aux droits humains visant à éradiquer la discrimination. Les groupes défavorisés ou connaissant l’exclusion – pour des motifs tels que l’appartenance ethnique, le genre, le handicap, le statut de migrant ou d’autochtone, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre – doivent être habilités à devenir les agents de leur propre développement.