Améliorer l'accès à l'éducation des filles est central dans les Objectifs du Millénaire. ©AI
Améliorer l'accès à l'éducation des filles est central dans les Objectifs du Millénaire. ©AI

ONU Objectifs du Millénaire pour le développement

En 2000, les 189 Etats membres de l'ONU ont adopté la Déclaration du Millénaire. Par leur signature, ils se sont engagés à promouvoir au 21ème siècle la liberté, l'égalité et la dignité de tous et de toutes, ainsi que la paix, la sécurité et la protection de l'environnement.
Que sont les Objectifs du millénaire pour le développement ?


Pour mettre concrètement en œuvre cette Déclaration, huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ont été adoptés. Tous les Etats se sont engagés à atteindre ces objectifs d'ici à 2015. Par exemple, il faut réduire de moitié la proportion de la population qui souffre de la faim et de la pauvreté. Tous les enfants doivent suivre l'école, au moins au niveau primaire. Il faut promouvoir l'égalité des sexes et renforcer la position des femmes. Le taux de mortalité des enfants doit être réduit de deux tiers, la mortalité maternelle de trois quarts.


Les OMD représentent l'initiative mondiale la plus importante en matière de lutte contre la pauvreté. Dix ans plus tard, on estime que les objectifs ne seront pas atteints en 2015, même si quelques succès ont été enregistrés.


OMD et droits humains


La Déclaration du millénaire parle le langage des droits humains face à la pauvreté dans le monde. Cependant, la manière dont les OMD se sont traduits en actions concrètes exempte pratiquement les États de toute obligation de s’attaquer à la discrimination, de protéger les droits des personnes démunies à s’organiser entre elles et à participer aux processus de décisions qui les concernent, etc.


Bien que des politiques aient été mises en place, très peu de stratégies de développement intègrent les droits de manière véritablement significative, même dix ans après l’adoption de la Déclaration. À force de privilégier la rhétorique et d’attacher peu d’importance au recours aux droits humains, on ne s’intéresse guère à la responsabilisation des gouvernements, des donateurs et des institutions, et encore moins au pouvoir d’agir des personnes vivant dans la pauvreté.


Prenons par exemple l’objectif cinq de réduction de trois quarts de la mortalité maternelle : Il ne suffit pas d'augmenter le budget du secteur de la santé ou d’y créer quelques postes supplémentaires pour réduire la mortalité maternelle. Il nous est impossible d'atteindre cet objectif tant que toutes les femmes n’ont pas accès à leurs droits sexuels et reproductifs, que les Etats n’appliquent pas leurs lois anti discriminatoires envers les femmes et tant qu'elles n’ont pas l’autonomie financière nécessaire pour accéder aux traitements médicaux.


De même, l'objectif sept prévoit l'amélioration des conditions de vie de 100 millions de personnes qui vivent dans des bidonvilles. Il nous est impossible d'atteindre cet objectif tant que leurs droits ne sont pas respectés. Chaque jour, des milliers de personnes sont expulsées de chez elles sous prétexte d'as-sainir un bidonville. Pour la plupart, à la perte de leur maison s'ajoute la perte de leurs moyens de subsistance, de leur réseau social, de leur accès aux installations sanitaires ou aux établissements de santé. Les enfants sont retirés de l'école. La spirale de la pauvreté s'accentue. Il faut adopter des lois qui interdisent les évictions forcées et qui donnent aux personnes concernées la possibilité de se défendre contre des décisions sur lesquelles elles n’ont pas prises. Elles doivent pouvoir participer aux processus de décisions, discuter des alternatives et recevoir des compensations adéquates pour les pertes subies.

Un nouvel élan pour les OMD ?

 

En septembre 2010, un sommet mondial de l'ONU (le premier en 10 ans) évaluera l’impact des OMD. Qu'est-ce qui a été atteint ? Quels sont les défis ? Pourquoi le nombre de personnes frappées de pauvreté et de famine a-t-il de nouveau augmenté ces deux dernières années ? Que faire ces cinq prochaines années pour se rapprocher le plus possible des objectifs et tenir, au moins partiellement, les promesses faites en l'an 2000 ?


Pour Amnesty International, le message est clair : À moins que les droits humains ne soient placés au centre des efforts visant à éradiquer la pauvreté, les gouvernements risquent de manquer à leurs obligations envers certains des groupes les plus pauvres et vulnérables du monde (Lire rapport ci-contre : Des promesses à la réalisation)

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