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Yémen Aveux obtenus sous la torture

5 décembre 2017
Depuis le début du conflit armé en mars 2015, il est devenu difficile d’obtenir des informations sur l’application de la peine de mort, et les chiffres exacts ne sont pas connus.

Application: le Yémen a exécuté plusieurs personnes au cours de ces dernières années. En avril 2017, un journaliste de la milice Houthi a été condamné à mort lors d’un procès inéquitable pour contacts présumés avec la partie adverse.

Procès inéquitable: au cours des années précédant la guerre, Amnesty était préoccupée car les condamnations à mort étaient souvent prononcées à la suite de procès inéquitables.

Personnes mineures: au Yémen, les délinquant·e·s juvéniles encouraient régulièrement la peine de mort. La loi yéménite interdit certes le recours à la peine de mort contre les accusé·e·s âgé·e·s de moins de 18 ans au moment des faits. Cependant, dans la pratique, les tribunaux ont à plusieurs reprises infligé la peine de mort à des personnes qui étaient vraisemblablement mineures au moment présumé des faits.

Méthodes d’exécution: fusillade.

 

Fatima Hussein BADI: AVEUX SUITE à La Torture de son frère

Fatima Hussein Badi et son frère Abdullah sont arrêté·e·s en juillet 2000 et accusé·e·s du meurtre du mari de Fatima. La police interroge Fatima Hussein Badi pendant cinq heures sans la présence d’un avocat. Lorsqu’elle refuse d’avouer le meurtre, on lui présente son frère Abdullah, le visage ensanglanté. Lorsqu’on menace de la violer, son frère avoue les faits. Les deux sont condamné·e·s à mort en février 2001. En septembre 2003, la Cour de justice reconnaît que Fatima Hussein Badi n’a pas tué son mari. La peine de mort prononcée en 2011 est alors transformée en une peine d’emprisonnement de quatre ans. À la suite d’une intervention du gouvernement, le cas est une nouvelle fois examiné en 2004 et la réduction de peine annulée. Son frère est exécuté en 2005. Fatima Hussein Badi risque toujours d’être condamnée à mort.