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Japon Exécutions secrètes

5 décembre 2017
Au Japon, plusieurs personnes ont été exécutées au cours de ces dernières années. Le ministre de la Justice, en poste depuis 2016, a déclaré à maintes reprises qu'il était favorable à la peine de mort, et que son abolition serait inappropriée, compte tenu du soutien populaire dont elle jouit.

Confidentialité: au Japon, les exécutions sont généralement réalisées en secret. Les condamné·e·s ne sont informé·e·s de leur mise à mort que quelques heures avant l’exécution – lorsqu’ils le sont. Les détenu·e·s qui sont dans le couloir de la mort et ont déjà épuisé toutes les voies de recours doivent donc s’attendre chaque jour à être mis·e·s à mort. Les familles ne sont généralement informées qu’après l’exécution de la sentence. Les mises à mort secrètes constituent une violation des normes internationales en matière d’application de la peine de mort.

Procès inéquitable: les accusé·e·s ne reçoivent souvent pas d’assistance juridique appropriée. Le Japon a été maintes fois critiqué sur le plan international pour son manque de mesures de protection appropriées pour les personnes encourant la peine de mort.

Discrimination: plusieurs cas de détenu·e·s handicapé·e·s mentalement qui ont été exécuté·e·s ou se trouvent dans le couloir de la mort sont connus.

Méthodes d’exécution: pendaison.

 

Iwao Hakamada: Des Décennies Dans l'attente de la mort

Cela fait presque un demi-siècle qu’Iwao Hakamada attend, innocent, dans le couloir de la mort. Hakamada est condamné à mort en 1966 pour meurtre. Chaque jour peut être le dernier: au Japon, les condamné·e·s sont en effet informé·e·s de leur mise à mort que quelques heures avant l’exécution. Les condamné·e·s à mort sont placé·e·s à l’isolement et ne peuvent parler ni aux gardiens, ni aux autres détenu·e·s. Deux à trois fois par semaine, les détenu·e·s sont autorisé·e·s à faire du sport pendant une demi-heure, séparé·e·s les un·e·s des autres. Le reste du temps, ils et elles doivent rester immobiles dans leurs cellules. Ils et elles peuvent recevoir la visite de leurs avocat·e·s et de leurs proches et ont le droit d’écrire une lettre quotidienne. Hakamada écrit beaucoup de lettres à sa famille. Il y décrit son quotidien: manger, dormir, lire. Se battre contre les ombres et, de temps en temps, regarder un film. Ainsi passent les années, les unes après les autres. Dans ses lettres, il proclame son innocence. Il explique qu’il a été contraint de faire ses aveux. Il écrit sa dernière carte postale à sa sœur en 1991. Puis, la correspondance prend fin. À partir de 1994, il refuse de recevoir des visites. Psychiquement atteint par la longue détention à l’isolement, il dit ne plus avoir de sœur. Son cas est à nouveau jugé par un tribunal en 2014. Hakamada a 78 ans lorsqu’il est enfin libéré. Après 48 ans.