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Arabie saoudite Plus de 2000 exécutions en trente ans

5 décembre 2017
L’Arabie saoudite a l’un des taux d’exécution les plus élevés au monde : plus de 2’200 personnes ont été mises à mort entre 1985 et 2015.

Délits : une grande partie des exécutions résulte de condamnations pour des infractions n’entrant pas dans la catégorie des « crimes les plus graves », pour lesquels la peine de mort peut être imposée en vertu du droit international.

Procès inéquitable: en Arabie saoudite, les procédures judiciaires ne correspondent pas aux normes internationales en matière de procès équitables ; les droits des accusé·e·s qui encourent la peine de mort sont régulièrement violés. La peine capitale est souvent prononcée lors de procès secrets.  Les condamnations sur la base « d’aveux » extorqués sous la torture ou les traitements cruels, inhumains et dégradants sont permises.

Personnes mineures: l’Arabie saoudite recourt aussi à la peine de mort pour les personnes qui ont moins de 18 ans au moment présumé des faits – une autre violation du droit international.

Discrimination: les personnes les plus affectées par la peine de mort sont d’une part les ressortissant·e·s étranger·ère·s (souvent des travailleur·se·s migrant·e·s provenant de pays plus pauvres) et, d’autre part, la minorité chiite vivant à l’ouest du pays. En janvier 2016, le célèbre Sheikh Baqir al-Nimr et 46 autres détenu·e·s ont été mis à mort lors d’une exécution de masse.  

Méthodes d’exécution: décapitation, fusillade.

 

Siti Zainab: Execution d'une employée de Maison

En mars 1998, l’indonésienne Siti Zainabse rend en Arabie Saoudite pour y travailler en tant qu’employée de maison et ainsi, subvenir aux besoins de sa famille et de ses enfants. Elle ne quittera plus jamais le pays. En effet, en 1999, elle est arrêtée pour avoir assassiné son employeuse. Après plusieurs semaines de détention, elle avoue les faits lors d’un interrogatoire de police. Elle explique avoir tué son employeuse car cette dernière et son fils la maltraitaient. Elle avait déjà fait cette déclaration par le passé dans des lettres. Tout au long de la procédure judiciaire, Siti Zainab est privée de son droit d’accès  à un avocat. Elle est finalement condamnée à mort lors d’un procès inéquitable se basant uniquement sur ces aveux. Lors des interrogatoires, la police exprime des doutes quant à l’état psychologique de l’accusée. Amnesty International demande alors aux autorités saoudiennes de commuer la condamnation à mort, compte tenu du fait qu’une sentence capitale ne peut être prononcée contre une personne souffrant de maladie mentale. Siti Zeinab est exécutée le 14 avril 2015 à Medina, peu après que sa fille cadette ait atteint la majorité.