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Note du 15 mai 2026:
Le procès en appel contre Saadia Mosbah débutera le 19 mai 2026.
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(Route de la Goulette, Site archéologique de Carthage, Tunisie)
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E-mail: info@e-justice.tn
Fax: +216 71 568 106
Facebook: https://www.facebook.com/ministere.justice.tunisie
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Kirchenfeldstrasse 63
3005 Berne
Fax: 031 351 04 45
E-mail: at.berne@diplomatie.gov.tn
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Ministre de la Justice , Leila Jaffel
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Messages
On 19 March 2026 Tunisian authorities sentenced Saadia Mosbah, a leading anti-racism voice, to eight years in prison, after holding her for over 22 months in pretrial detention. She and others from her NGO were convicted on baseless financial criminal charges for their human rights work. She must be released immediately and the conviction quashed.
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In 2013 prominent Tunisian woman human rights defender Saadia Mosbah founded anti-racist NGO Mnemty [My dream], helping spark a public debate on racism that led to the adoption of landmark anti-racism legislation. (1/2)
Over a decade later, civil society is under attack. Saadia Mosbah was sentenced to eight years in prison on unfounded criminal charges, after she was subjected to racist abuse in prison, including a racist assault. Call for her immediate release now. (2/2)
Plus d'info
En mai 2024, six défenseur·e·s des droits humains et membres d’ONG ont été arrêtés et détenus arbitrairement lorsque les autorités tunisiennes ont lancé une campagne répressive contre les organisations de la société civile travaillant sur les questions migratoires et luttant contre les discriminations. Cinq de ces personnes ont été condamnées par la suite à des peines d’emprisonnement, tandis que la répression s’est étendue à un éventail plus large d’organisations. Une campagne de dénigrement xénophobe et raciste menée par des comptes de réseaux sociaux progouvernementaux a précédé ces arrestations, principalement à l’encontre de l’association antiraciste Mnemty et de sa fondatrice Saadia Mosbah. Parallèlement, le président Kaïs Saïed a qualifié les organisations travaillant sur les questions migratoires de «traîtres» et d’«agents de l’étranger». Il a accusé à plusieurs reprises la société civile de financer la corruption et de s’associer avec des entités étrangères pour calomnier la Tunisie.
Le 7 mai 2024, la police de Tunis a arrêté Saadia Mosbah après l’avoir interrogée avec le chef de projet de Mnemty au sujet du travail de leur ONG, des financements qu’ils avaient reçus et de leurs prises de position publiques sur le racisme et l’immigration. Le 16 mai 2024, un juge d’instruction du tribunal de première instance de Tunis a ouvert une enquête pénale contre Saadia Mosbah et huit autres membres du personnel et soutiens de Mnemty, dont la propriétaire de leur bureau à Tunis, et placé Saadia Mosbah en détention provisoire sans tenir d’audience. Les autorités ont engagé des poursuites contre ces personnes pour «enrichissement illicite» (article 37 de la Loi n° 2018-46 relative à la déclaration de patrimoine et d’intérêts, et à la lutte contre l’enrichissement illicite et les conflits d’intérêts) et blanchiment d’argent (articles 92 à 97 de la Loi n° 2015-26 relative à la lutte contre le terrorisme et à la répression du blanchiment d’argent), ainsi que pour absence de tenue d’une comptabilité conforme à la législation fiscale (article 97 du Code des droits et procédures fiscaux), une infraction passible d’une amende. Le juge a renouvelé la détention de Saadia Mosbah en novembre 2024, puis en mars 2025, et a refusé toutes ses demandes de libération provisoire.
Le 3 juillet 2025, le juge d’instruction a conclu son enquête et maintenu les poursuites pour «enrichissement illicite» et absence de tenue d’une comptabilité contre Saadia Mosbah, mais abandonné toutes les charges retenues contre les huit autres personnes pour insuffisance de preuves. Le 15 juillet 2025, une chambre d’accusation a annulé la décision du juge et inculpé les neuf personnes poursuivies des trois chefs d’accusation initialement retenus. Le 22 décembre 2025, en violation de la procédure pénale tunisienne, leur procès s’est ouvert devant le tribunal de première instance de Tunis avant que la Cour de cassation ait statué sur les recours formés par les prévenus et par le parquet contre l’acte d’inculpation. Par conséquent, l’examen du dossier a été reporté à trois reprises, jusqu’à ce que la Cour de cassation rejette les recours le 10 mars 2026.
Selon la Loi n° 2015-26, l’infraction de blanchiment d’argent doit être «prouvée par l’existence de présomptions et de preuves suffisantes sur l’origine illégale des biens objet de blanchiment». La Loi n° 2018-46 définit l’«enrichissement illicite» comme «toute augmentation substantielle du patrimoine de la personne [...] ou une augmentation significative dans ses dépenses, qui sont disproportionnées par rapport à ses revenus et qu’elle ne peut justifier la légitimité de son origine». Ces dispositions manquent de clarté et n’exigent pas que l’origine illégale des fonds soient prouvée, faisant porter la charge de la preuve à la personne mise en cause, qui doit démontrer qu’ils ont été acquis «légitimement». En vertu du droit international relatif aux droits humains et des normes connexes – notamment l’article 7 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, l’article 14-2 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que les Directives et principes sur le droit à un procès équitable et à l’assistance judiciaire en Afrique – il incombe aux autorités de prouver la culpabilité hors de tout doute raisonnable.
L’analyse de certaines pièces du dossier, telles que l’expertise financière ordonnée par le tribunal, révèle que les accusations d’«enrichissement illicite» et de blanchiment d’argent sont sans fondement. L’enquête n’a pas établi la preuve d’une infraction initiale qui aurait été couverte par de l’argent blanchi, ni du moindre «enrichissement» visé par la législation tunisienne. En revanche, elle s’est appuyée sur une interprétation abusive du terme «légitimité». Le juge d’instruction a considéré que le non-respect présumé des obligations fiscales par le personnel de Mnemty, d’une part, et les conclusions erronées des experts financiers selon lesquelles les postes et les salaires de certains membres du personnel ne correspondaient pas à leurs qualifications, d’autre part, prouvaient que l’origine de leurs fonds n’était pas «légitime». Il a aussi relevé des virements bancaires injustifiés entre l’association et son personnel. Les personnes mises en cause ont expliqué que ces virements étaient des remboursements de dépenses de voyage ou d’autres paiements avancés par des membres du personnel à titre exceptionnel, lorsque la trésorière de l’association se trouvait à l’étranger ou que le chéquier de l’association avait été perdu. Par ailleurs, des propos racistes tenus au cours de l’enquête par les experts financiers mandatés par le tribunal, qui ont accusé deux personnes noires poursuivies de «contribuer aux [injures racistes visant les personnes noires]» et promis de les «mettre en prison pour ça», ajoutés au refus de ces experts d’examiner des documents comptables saisis par la police lors de la perquisition des locaux de Mnemty à Tunis, ont mis à mal l’intégrité de l’enquête et le droit des prévenus à un procès équitable. Un agent de police présent au tribunal de première instance de Tunis a en outre systématiquement empêché l’accès d’un des prévenus noirs sans justification, ce qui évoque une possible discrimination raciale.
Saadia Mosbah, 66 ans, est incarcérée à la prison de Belli (située à 50 km au sud-est de Tunis). À la fin du mois de mars, elle aura passé plus de 22 mois en détention provisoire, bien plus que la limite légale de 14 mois. Elle souffre d’hypertension, de goutte et d’autres problèmes de santé et de mobilité. Elle affirme qu’une surveillante pénitentiaire l’a soumise à des insultes et des moqueries racistes à plusieurs reprises, a bloqué l’un de ses rendez-vous médicaux et l’a agressée physiquement en février 2026. Les autorités ne l’ont pas encore informée de l’ouverture d’une enquête sur ses allégations, alors que l’administration pénitentiaire en a été avisée. D’après ses proches, les autorités ne lui ont pas non plus fourni les médicaments et les soins dont elle a besoin.
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Tunisia: Conviction of human rights defenders confirms criminalization of civil society work (Amnesty UK, 25 November 2025)
Tunisia: Escalating crackdown on human rights organizations reaches critical levels (Amnesty UK, 14 November 2025)
Tunisia: Repressive crackdown on civil society organizations following months of escalating violence against migrants and refugees (Amnesty UK, 16 May 2024)
En détail
| Numéro UA: Date de parution | Actualisé le: Index: |
UA 023/26 26.03.2026 | 15.05.2026 MDE 30/0846/2026 |
| Participation prévue jusqu'au: | 30 septembre 2026 |
| Action urgente complète (Word): | français english |
| Modèle de lettre uniquement (Word): | français english |
Étant donné que les situations peuvent changer, veuillez vérifier avant d'envoyer votre lettre si la campagne de lettres est toujours active.
English version
Antiracism figure facing eight years in prison
On 19 March 2026, a Tunis court sentenced Black Tunisian woman human rights defender Saadia Mosbah, president of anti-racist organization Mnemty [«My dream»], to eight years in prison, after nearly two years in arbitrary pretrial detention. The court handed down prison terms ranging from one to three years against five other Mnemty staff and associates. Saadia Mosbah and her colleagues were prosecuted on unfounded financial criminal charges stemming from their human rights work, as part of a crack-down on civil society supported by racist public discourse. Saadia Mosbah reported racist abuse in detention, including a physical assault. Tunisian authorities must quash their convictions and immediately release Saadia Mosbah.
In May 2024, six human rights defenders and NGO workers were arrested and arbitrarily detained as the Tunisian authorities launched a repressive clampdown against civil society organizations working on migration and against discrimination. Five of them were later sentenced to prison while the crackdown extended to include a broader range of organizations. A xenophobic and racist smear campaign led by progovernment social media accounts preceded the arrests, mainly targeting the anti-racist organization Mnemty and its founder Saadia Mosbah. In parallel, Tunisian president Kais Saied accused organizations working on migration of being «traitors» and «foreign agents». The president has repeatedly accused civil society of financing corruption and colluding with foreign parties to smear Tunisia.
On 7 May 2024, Tunis police arrested Saadia Mosbah after questioning her and Mnemty’s project manager about their NGO work, the funding they receive and their public positions on racism and migration. On 16 May 2024, an investigative judge at the Tunis Court of First Instance opened a criminal investigation against Saadia Mosbah and eight other Mnemty staff members and associates, including their Tunis office landlord, and placed Saadia Mosbah in pretrial detention without a hearing. Authorities investigated them for «illicit enrichment» (Article 37 of Law 2018-46 on the Declaration of Assets and Interests and the Fight against Illicit Enrichment and Conflicts of Interest) and money laundering (Articles 92 to 97 of Law 2015-26 on the Fight against Terrorism and the Repression of Money Laundering), as well as failing to maintain adequate accounting records (Article 97 of the Code on Tax Law and Procedures), a misdemeanor sanctioned by a fine. The judge renewed her detention in November 2024 and again, in March 2025, and has refused multiple requests for provisional release.
On 3 July 2025, the investigative judge concluded the investigation and retained the charges of «illicit enrichment» and failure to maintain accounting records against Saadia Mosbah while dismissing all charges against the other eight individuals for lack of evidence. On 15 July 2025, an indictment chamber overturned the judge’s decision, indicting all nine for all three charges. On 22 December 2025, in violation of Tunisian penal procedures, the trial opened at the Tunis Court of First Instance, before the Cassation Court had ruled on the appeals lodged by the defendants and the prosecution against the indictment. As a result, the examination of the case was postponed three times until the Cassation Court rejected the appeal on 10 March 2026.
Under Law 2015-26, money laundering requires evidence of the existence of the original crime covered by the laundered funds. Under Law 2018-46, «illicit enrichment» is defined as «any substantial in-crease in the assets of a person (…) or a significant increase in their expenses, disproportionate to their income, and for which they cannot justify the legitimacy of their origin». The provision lacks clarity and does not require evidence of the unlawful origin of the funds, shifting the burden of proof on the defendant to demonstrate that they have been acquired «legitimately». Under international human rights law and standards including Article 7 of the African Charter on Human and Peoples’ Rights and Article 14(2) of the International Covenant on Civil and Political Rights and the Principles on Fair Trial in Africa, the burden of proof rests on the authorities to prove guilt beyond reasonable doubt.
Analysis of casefile documents including the court-mandated financial expertise indicates that the charges of «illicit enrichment» and money laundering are unsubstantiated. The investigation has not found proof of an original crime allegedly covered by laundered funds or evidence of any «enrichment» as defined by Tunisian legislation. Instead, it relied on an abusive interpretation of the term «legitimacy». It considered that Mnemty staff’s alleged failure to comply with tax obligations and the financial experts’ misinformed assessment that some staff members’ positions and salaries did not align with their qualifications was evidence that the origin of their funds was not «legitimate». The investigation also highlighted unjustified bank transfers between the association and its staff. The defendants explained these transfers as reimbursements for travel expenses or other payments made from staff members’ bank accounts on a few occasions when the association’s treasurer was abroad or when the association’s checkbook had been lost. Furthermore, racist comments made orally by the court-mandated financial experts against two Black defendants during the investigation, accusing them of «helping [racist slur for Black people]» and promising to «put them in prison for it», in addition to the experts’ refusal to examine financial documentation seized by the police during the search of Mnemty’s Tunis office, has undermined the integrity of the investigation and the defendants’ right to a fair trial. A police agent at the Tunis Court of First Instance also systematically obstructed access to court for one of the Black defendants without justification, raising concern about possible racial discrimination.
Saadia Mosbah, 66, is detained at Belli prison (50km southeast of Tunis). By the end of March, she would have spent over 22 months in pretrial detention, beyond the legal limit of 14 months. She suffers from high blood pressure, gout and other health and mobility issues. She reported that a prison guard repeatedly subjected her to racist insults and mockery, obstructed one of her medical appointments and physically assaulted her in February 2026. Authorities have yet to inform her of the opening of an investigation into the allegations despite the prison administration having been informed. According to her family, authorities also failed to provide her with adequate medication and healthcare.
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Please take action before 30 September 2026.
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