Karim Ennarah (à l'arrière, gauche), Mohamed Basheer (à l'arrière, milieu), Gasser Abdel Razek (à l'arrière, droit) / Ahmed Samir Santawy (à l'avant, gauche), Mohamed El Baqer (à l'avant, droit) © Portraits: Collection privée / Compilation: Amnesty International
Ouvert
Urgent Action − Égypte

Des défenseurs des droits soumis à une interdiction de quitter le territoire

Depuis près de six ans, les autorités égyptiennes soumettent arbitrairement à une interdiction de quitter du territoire le chercheur Ahmed Samir Santawy, l’avocat spécialisé dans la défense des droits humains Mohamed el Baqer et les cadres de l’organisation Egyptian initiative for personal rights (EIPR) Karim Ennarah et Mohamed Basheer, ainsi que l’ancien directeur de l’EIPR Gasser Abdel Razek. Les autorités utilisent l’interdiction de quitter le territoire pour punir et réduire au silence des militant·e·s et défenseur·e·s des droits humains qui ont par le passé été emprisonnés uniquement parce qu’ils avaient exercé leurs droits fondamentaux. Ces interdictions arbitraires violent non seulement le droit de circuler librement, mais aussi le droit à l’éducation, le droit de travailler et le droit à la vie de famille en empêchant les personnes concernées d’étudier, de prendre un emploi et de retrouver des membres de leur famille à l’étranger. Elles entravent en outre le travail de défense des droits humains et l’exercice du droit à la liberté d’association en empêchant les défenseur·e·s des droits fondamentaux de se rendre à l’étranger notamment pour des activités de plaidoyer, de réseautage et de formation.

Passer à l'action

Défendez les droits de Karim Ennarah, Mohamed Basheer, Director Gasser Abdel RazekMohamed El-Baqer et Ahmed Samir Santawy: envoyez une lettre d'appel par faxX/Twitter, Facebook ou e-mail.

L'envoi par voie postale est possible mais non recommandé, car des lettres à destination de l'Égypte ont récemment été systématiquement retournées non ouvertes avec la mention «non distribuable».

Agir jusqu'au 29 décembre 2026

Modèles de lettre

Adresses

Procureur de la République:
Public Prosecutor, Mohamed Shawky Ayyad
(Office of the Public Prosecutor, Madinat al-Rehab, Cairo, Arab Republic of Egypt)
Fax: +202 2577 4716/
Twitter/X: @EgyptianPPO
Facebook: https://www.facebook.com/ppo.gov.eg
E-mail: m.office@ppo.gov.eg

Copies à 

Minister of Interior, Mahmoud Tawfiq
Ministry of the Interior
(25 El Sheikh Rihan Street Bab al-Louk, Cairo, Egypt)
Fax: +202 2794 5529
E-mail: center@iscmi.gov.eg ou E.HumanRightsSector@moi.gov.eg
Twitter/X: @moiegy

Ambassade de la République arabe d'Égypte
Elfenauweg 61
3006 Berne
Fax: 031 352 06 25
E-mail: eg.emb.bern@gmail.com
FB: https://www.facebook.com/eg.bern.embassy/

Agir sur les réseaux sociaux

Social media thread: 

1/2
Egypt’s authorities impose arbitrary travel bans to punish & silence human rights work & criticism. Karim Ennarah, Mohamed Basheer, Gasser Abdel Razek Ahmed Samir Santawy & Mohamed El-Baqer have been banned from travelling for up to 6 years for exercising their human rights.

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Travel bans violate freedom of movement & deprive people of access to education, work, & relatives abroad & obstruct global advocacy. The Egyptian authorities must immediately lift all arbitrary travel bans & stop using them against those peacefully exercising their human rights.
 

Ahmed Samir Santawy:
Researcher Ahmed Samir Santawy spent 18 months in prison before receiving a presidential pardon in 2022. For four years, he has been prevented from returning to Austria to resume his studies because authorities claim his case remains under investigation. Lift his travel ban now!

Mohamed El-Baqer:
Human rights lawyer Mohamed El-Baqer spent more than four years behind bars before his release in 2023. Today, he remains unable to travel because of an arbitrary travel ban linked to the same case for which he served his sentence. Lift his travel ban now!

Karim Ennarah, Mohamed Basheer and Gasser Abdel Razek: 
Six years after the crackdown on EIPR, Karim Ennarah, Mohamed Basheer and Gasser Abdel Razek remain subject to arbitrary travel bans. These restrictions prevent them from travelling for work, advocacy and family life. Lift their travel bans now!

Gasser Abdel Razek:
Human rights defender Gasser Abdel Razek was arbitrarily detained in 2020 during the crackdown on human rights group EIPR. Nearly six years later, he remains subject to an an arbitrary travel ban. Human rights work is not a crime. Lift his travel ban now!

Karim Ennarah:
For nearly six years, human rights defender Karim Ennarah has been subjected to an arbitrary travel ban solely because of his legitimate human rights work. The ban prevents him from travelling for research, advocacy and professional exchanges. Lift his travel ban now!

Plus d'info

Mohammed el Baqer, avocat spécialisé dans la défense des droits humains et directeur de l’Adalah center for rights and freedoms, a été arrêté le 29 septembre 2019 dans les locaux du service du procureur général de la sûreté de l'État alors qu’il représentait l’éminent militant Alaa Abdel Fattah. Il a été interrogé en août 2020 dans le cadre de l’affaire n° 855/2020 parce qu’il était soupçonné d’avoir «rejoint une organisation terroriste», et le 20 décembre 2021, la Cour de sûreté de l’État l’a déclaré coupable et condamné à quatre ans d’emprisonnement sur la base d’accusations fallacieuses de «diffusion de fausses informations». Son nom a alors été inscrit sur la liste des «terroristes» établie par les autorités égyptiennes, ce qui a entraîné une interdiction de quitter le territoire pendant cinq ans et l’interdiction de participer à la vie civique. Après presque quatre années de détention arbitraire, Mohammed el Baqer a bénéficié d’une grâce présidentielle le 19 juillet 2023 et été remis en liberté. Les autorités n’ont toutefois pas effacé son nom de cette liste. Du fait de cette qualification, Mohamed el Baqer a été soumis à une interdiction de quitter le territoire, ses avoirs ont été gelés, et il lui a été interdit de participer à des activités politiques et civiques pendant cinq ans. En novembre 2025, cette qualification a été reconduite pour cinq années supplémentaires, sans justification et sans qu’il ait la possibilité de contester cette décision. Le 13 juin 2026, les autorités ont rejeté le recours formé par Mohamed el Baqer afin que son nom soit effacé de la liste égyptienne des terroristes, sans motiver leur décision.

Ahmed Samir Santawy est chercheur et il étudie l’anthropologie à l’université d’Europe centrale à Vienne, en Autriche. Ses recherches portent sur les droits des femmes, et particulièrement sur les droits en matière de procréation. Il a été arrêté le 1er février 2021 et par la suite déclaré coupable de diffusion de «fausses informations» et condamné à quatre ans d’emprisonnement à l’issue d’un procès inique. Sa déclaration de culpabilité s’appuyait uniquement sur des publications sur les réseaux sociaux critiquant les violations des droits humains en Égypte et la mauvaise gestion par l’État de la pandémie de COVID-19. À la suite d’une mobilisation mondiale, il a été remis en liberté le 30 juillet 2022 à la faveur d’une grâce présidentielle. Malgré cette mesure de grâce, des restrictions de ses déplacements ont immédiatement été décidées. Des responsables de l’aéroport international du Caire ont le 27 août 2022 interdit de manière arbitraire à Ahmed Samir Santawy de se rendre en Autriche pour y reprendre ses études, invoquant des «instructions provenant de services de sécurité». Il a de nouveau été bloqué à l’aéroport international du Caire en juin 2023 par des agents des services de l’immigration qui l’ont empêché de se rendre en Autriche sans présenter aucune justification ni décision judiciaire. En avril 2026, le Tribunal administratif supérieur a levé l’interdiction de quitter le territoire, mais le parquet a émis une nouvelle interdiction le même mois.

Gasser Abdel Razek, Karim Ennarah et Mohamed Bashires, les anciens directeur exécutif, directeur de la recherche et directeur administratif de l’EIPR respectivement, ont été arrêtés entre le 15 et le 19 novembre 2020. À la suite d’une forte mobilisation nationale et internationale, les autorités ont libéré les trois hommes le 3 décembre 2020, mais elles n’ont pas clos l’enquête ouverte contre eux dans le cadre de l’affaire n° 855/2020. Ils ont tous les trois été soumis à une interdiction de quitter le territoire au motif qu’une enquête était en cours les concernant, et le 6 décembre 2020, leurs avoirs ont été gelés par la section antiterroriste du tribunal pénal du Caire. Les avocat·e·s de l’EIPR ont à plusieurs reprises voulu contester devant la cour d’appel du Caire les interdictions de quitter le territoire et le gel de leurs avoirs, mais cette juridiction a refusé d’examiner cette affaire au motif que le procureur général de la sûreté de l’État n’avait pas fourni les informations nécessaires. De plus, pendant cinq ans, les membres concernés du personnel de l’EIPR et leur avocat·e·s n’ont pas été autorisés à consulter le dossier judiciaire, notamment la décision de justice ordonnant en décembre 2020 le gel des avoirs, ce qui les a empêchés de contester efficacement les mesures imposées.

En avril 2024, le gouvernement égyptien a classé la tristement célèbre affaire n° 173, qui visait des organisations de la société civile, après 13 ans de procédure, ce qui a entraîné la levée des interdictions de quitter le territoire et du gel des avoirs imposés à un certain nombre de défenseur·e·s des droits humains et à d’autres membres du personnel d’organisations de la société civile. Cependant, les autorités égyptiennes continuent de recourir à l’interdiction de quitter le territoire contre des avocat·e·s spécialisés dans la défense des droits humains, des militant·e·s et des personnes qui avaient été placées en détention arbitraire, entre autres. Le recours persistant à l’interdiction arbitraire de quitter le territoire viole les obligations qui incombent à l’Égypte au titre du droit international relatif aux droits humains, notamment au titre de l’article 12 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui garantit pour toutes les personnes le droit de quitter quelque pays que ce soit, y compris le leur. Toute restriction de ce droit doit être licite, nécessaire, proportionnée et soumise à un contrôle judiciaire effectif. En Égypte, pourtant, l’interdiction de quitter le territoire est souvent imposée de façon prolongée ou pour une durée indéterminée, sans transparence, sans respect des règles de procédure et sans réelle possibilité de former un recours contre cette décision.


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Egypt: Revoke arbitrary travel ban on researcher Ahmed Samir Santawy (Amnesty UK, 3 June 2023)
Egypt: Lift punitive measures against EIPR staff (Amnesty UK, 4 December 2024)

En détail

Numéro UA:
Date de parution | Actualisé le:
Index:
UA 067/26
30.06.2026 | -
MDE 12/1248/2026
Participation prévue jusqu'au: 29 décembre 2026
Action urgente complète (Word): français
english
Modèle de lettre uniquement (Word): français
english

Étant donné que les situations peuvent changer, veuillez vérifier avant d'envoyer votre lettre si la campagne de lettres est toujours active.

English version

Former prisoners and rights defenders under travel ban

For up to six years, the Egyptian authorities have imposed arbitrary travel bans on researcher Ahmed Samir Santawy, human rights lawyers Mohamed El-Baqer and senior staff at the Egyptian Initiative for Personal Rights (EIPR) Karim Ennarah, Mohamed Basheer and former EIPR Executive Director Gasser Abdel Razek. The authorities weaponize travel bans to punish and silence formerly imprisoned human rights defenders and activists solely for exercising their human rights. In addition to violating the right to freedom of movement, these arbitrary restrictions have violated the right to education, work and family life by preventing those under travel ban from studying, taking up employment opportunities and reuniting with family members abroad. They also have a chilling impact on human rights work and the right to freedom of association by barring human defenders from travelling abroad including for advocacy, networking or training.

Human rights lawyer Mohamed El-Baqer, founder and director of the Adalah Centre for Rights and Freedoms was arrested on 29 September 2019 at the Supreme State Security Prosecution (SSSP) while representing prominent activist Alaa Abdel Fattah. He was interrogated in August 2020 on charges of «joining a terrorist organization» under Case No. 855/2020, and on 20 December 2021, the Emergency State Security Court convicted him and sentenced him to four years' imprisonment on spurious charges of «spreading false news». His name was subsequently added to the Egyptian authorities' «terrorist» list, imposing a five-year travel ban and bar on civic engagement. After nearly four years of arbitrary detention, Baqer received a presidential pardon on 19 July 2023 and was released. However, the authorities maintained his designation on the list. As a result of this designation, Mohamed El-Baqer was subjected to a travel ban, his assets were frozen, and he is prohibited from engaging in political or civic work for five years. In November 2025, the designation was renewed for a further five years, without justification and without any opportunity for him to challenge the decision. On 13 June 2026, authorities rejected Mohamed El-Baqer’s appeal to be removed from Egypt’s terrorist list without providing a reasoned decision.

Ahmed Samir Santawy is a researcher and anthropology student at the Central European University in Vienna, Austria. His research addresses women's rights, with a focus on reproductive rights. Authorities arrested him on 1 February 2021 and subsequently convicted for spreading «false news» and sentenced to four years' imprisonment following an unfair trial. His conviction was based solely on social media posts criticizing human rights violations in Egypt and the state's mishandling of the Covid-19 pandemic. Following a global campaign, he was released on 30 July 2022 after receiving a presidential pardon. Despite that pardon, travel restrictions were immediately enforced. Cairo International Airport officials arbitrarily banned Ahmed Samir Santawy from travelling to Austria to resume his studies on 27 August 2022, citing «instructions from security agencies». He was again blocked at Cairo International Airport in June 2023, when immigration officers prevented him from travelling to Austria without justification or judicial order. In April 2026 Egypt’s Higher Administrative Court lifted his travel ban, however a new ban was issued by the prosecution against him the same month.

Former EIPR Executive Director Gasser Abdel Razek, Research Director Karim Ennarah and Administrative Director Mohamed Bashir, were arrested between 15 and 19 November 2020. Following significant domestic and international pressure, the authorities released all three on 3 December 2020 but did not close the investigation against them in Case No. 855/2020. All three men had travel bans imposed on them on the basis that investigations into the case were ongoing, and on 6 December 2020 their assets were frozen by the Anti-Terrorism Circuit of the Cairo Criminal Court. EIPR lawyers have repeatedly sought to challenge the travel bans and asset freezes before the Cairo Court of Appeals, but the court refused to hear the case, citing the SSSP’s failure to provide the necessary information. In addition, for five years, the affected EIPR staff members and their lawyers have been denied access to the case files, including the court decision ordering the freezing of their assets in December 2020, preventing them from effectively challenging the measures imposed.

In April 2024, the Egyptian government closed the notorious Case 173 against civil society organisation’s case, after 13 years, leading to the lifting of travel bans and asset freezes against a number of human rights defenders and other staff of civil society organizations. However, the Egyptian authorities continue to use travel bans against human rights lawyers, activists, people released from arbitrary detention, and others. The continued use of arbitrary travel bans violates Egypt's obligations under international human rights law, including Article 12 of the International Covenant on Civil and Political Rights, which guarantees the right of everyone to leave any country, including their own. Any restriction on this right must be lawful, necessary, proportionate, and subject to effective judicial oversight. In Egypt, however, travel bans are frequently imposed for prolonged or indefinite periods, without transparency, due process, or meaningful opportunities for appeal.

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Please take action before 29 December 2026.

You'll find all necessary adddress- and social media information above. English model letter as a Word-file.